Inde – Visite du Jammu and Kashmir

Visite du Jammu and Kashmir (Lundi 20 juillet – jeudi 6 août 2015)

Dans la continuité de mon trek autour des Annapurna au Népal, de ma visite de l’Uttarakhand, je visite une autre partie de la chaine de l’Himalaya, cette fois-ci à l’extrême nord de l’Inde, dans l’état du Jammu and Kashmir. Pour compléter ces nouvelles, j’ai aussi écrit un article pour donner des conseils.

Je vous avais déjà un peu parlé de la région du Cachemire (en fait l’état du Jammu and Kashmir) lors de ma visite du Penjab au moment de la partition de l’Inde en 1947. Pour l’histoire, je vous invite à aller sur site internet de Jaïa Bharati, à consulter ma carte pour une vue d’ensemble et à la carte ci-dessous de Sciences Po, qui montre la partition actuelle de l’état du Jammu and Kashmir (cliquez dessus pour l’agrandir).

Partition du Cachemire

Attention : lorsque l’on parle de la région du Cachemire on peut soit désigner l’état du Jammu and Kashmir dans sa globalité ou bien une région (une zone délimitée) dans l’état du Jammu and Kashmir qui s’appelle aussi… le Cachemire. Pour faire la différence, je nomme cette dernière région par son nom anglais : le Kashmir. Donc la région du Kashmir se situe dans l’état du Jammu and Kashmir (aussi appelé la région du Cachemire).

La zone verte est ouverte à tous (région de Jammu, du Kashmir (Srinagar) et du Ladakh (Leh)), c’est la zone que j’ai visité. Il est interdit de s’approcher de la ligne de contrôle (ce n’est pas une frontière de pays à proprement parler) et d’aller dans la zone orange (région du Balistan), ni de se promener le long de la frontière avec le Tibet (le Tibet appartient à la Chine, mais je mentionne le Tibet par solidarité pour tous les Tibétains réfugiés en Inde). Vous aurez remarqué que Google indique que l’état du Jammu and Kashmir comprend les zones verte et orange comme appartenant à l’Inde ; mais pas les zones violettes (région Aksai Chin et Shaksgam valley).

Après être resté une semaine à Haridwar pour écrire les nouvelles de ma visite de l’Uttarakhand, j’ai laissé une partie de mes affaires en lieu sûr dans cette ville (lieu stratégique pour la suite) afin d’avoir un sac à dos le plus léger possible.

Les transports

Leh est la capitale du Ladakh. Pour y accéder 2 routes : de Chandigarh (Chandigarh)-Manali (Himachal Pradesh) ou de Jammu-Srinagar-Kargil (Jammu and Kashmir). Il faut compter 2 jours incompressibles pour faire Leh-Chandigarh (~770km) ou Leh-Jammu (~760 km), juste pour arriver en plaine et en voyageant de jour et de nuit sans rater la correspondance ; sinon c’est 3 jours. La journée de bus est de 9h minimum. Ou bien, pour les heureux fortunés, il y a la liaison aérienne Delhi-Leh en 1h20 pour ~320 km vol.

Manali (1900m)

Manali situé au pied de l’Himalaya dans l’Himachal Pradesh est une des 2 portes d’entrée pour atteindre le Ladakh. Longue journée de bus de 15h de Dehradun via Chandigarh pour une arrivée à 22h. Puis là, des jeunes m’ont fait la proposition de continuer non pas en bus local (2 jours de trajet) mais en minibus avec un départ à 2h du matin pour une arrivée le lendemain soir, soit 16h de trajet. J’ai accepté cette solution, qui avec la réduction proposée me revenait aussi cher que le bus et me faisait gagner une journée de transport. Je n’ai donc pas visité cette ville à touristes, n’étant resté que 4h ! Dans le minibus, j’ai eu la joie de voyager avec des Israéliens.

Route de Manali à Leh

Le trajet Manali-Leh

Bienvenue sur une des routes carrossables les plus hautes du monde. D’une longueur de 470 km, elle est partiellement goudronnée et large d’une voie et demie. La route est longue et éprouvante surtout pour l’unique chauffeur du minibus (oui, oui, un seul chauffeur), mais tout cela est largement compensé par la beauté et la variété des paysages désertiques que la nature nous offre. En minibus, on ne se rend pas trop compte de l’altitude ni des dénivelés, ça monte et ça descend et l’on traverse plusieurs cols entre 3000m et 5300m d’altitude (oui, plus haut que le Mont Blanc). Je m’accommode assez bien en haute altitude, par contre pour certains de mes voisins, cela a été plus difficile. Et rassurez-vous, le chauffeur à fait plusieurs arrêts dans des hameaux ou des campements, pour se reposer et se restaurer. Pour les curieux, retrouvez sur Wikipedia le détail du trajet et des cols traversés.

La sécurité : la route fragile, est extrêmement bien entretenue, et cela en permanence. Certes la configuration des lieux n’a rien à voir avec l’Uttarakhand, il y a régulièrement des glissements de terrains, mais ici tout est fait pour assurer votre sécurité ; le personnel (la population locale et les militaires) et les moyens matériels sont assez conséquents.

La circulation : cette route (ouverte 6 mois par an) est tellement fréquentée que l’on se retrouve dans des embouteillages coincés entre des voitures et des centaines de camions, notamment lors de la traversée des ponts fragiles (1 véhicule à la fois). J’ai été très surpris de cela, notamment de voir des centaines (des milliers ?) de camions essence Indian Oil… Autant vous dire, que j’ai fais un excellent choix en prenant le minibus : c’est rapide, ça double facilement les gros véhicules en montée et surtout on profite nettement mieux du paysage (en bus, doubler un gros véhicule est très difficile). Le top du top : pour ceux qui ont un permis moto, de louer une Royal Enfield et emporter des bidons d’essence : à vous la liberté.

Le Ladakh ne connaît habituellement pas la mousson, mais la nature m’a fait une belle exception (l’année 2015 connaît des conditions climatiques très exceptionnelles pour la saison telle que de la neige en abondance au mois d’avril dans les Annapurna, les tremblements de terre au Népal…). A 18h, au lieu d’être à Leh, j’étais à 200 km de là. A Rumtse tous les véhicules ont stationné sur le bord de la route à cause d’un glissement de terrain et nous avons passé une deuxième nuit dans le minibus (tous les logements étaient pleins). Le lendemain, après 5 km, fin du trajet, les véhicules ne pouvaient pas traverser le cours d’eau en furie. Après avoir glané des informations, il se trouvait que 10 km après le cours d’eau un morceau de route était effondré, mais que c’était possible de traverser à pied. Ne voulant pas attendre x jours sur place et ayant vu d’autres personnes continuer à pied, je les ai donc suivies. Objectif : rejoindre à pied Upshi à 25 km sur une route désertique pour continuer en bus. Les Israéliens, ont préféré attendre que la route soit rouverte.

Entre le cours d’eau en furie et le morceau de route effondré se trouvait un bus local vide qui attendait que la route soit rouverte, mais apparemment, il ne prenait personne pour nous avancer. Finalement, au moment où je suis arrivé à la portion de route effondrée, le bus débordant de touristes m’a avancé de 2 km. Passé le premier passage délicat, une autre portion de route s’était effondré quelques mètres après. Là, la traversée a été périlleuse puisqu’il fallait s’agripper à une paroi pour ne pas être emporté par le cours d’eau. Ensuite, plus de problème pour continuer. La Providence (la chance diront les païens) : un camion de chantier nous a tous avancé sur quelques kilomètres puis une camionnette de chantier à fini le trajet en nous déposant tous à Upshi. Au final, je n’ai donc marché qu’une dizaine de kilomètres. Puis après quelques heures d’attente, direction Leh en bus. Au final, j’ai mis 40h au lieu de 16h pour faire le trajet.

Ladakh

La région du Ladakh

Le Ladakh est la seule région de l’Inde qui ne connaît pas la mousson (du moins en théorie) et les paysages sont désertiques. La région est majoritairement peuplé par les Tibétains, c’est donc une région essentiellement bouddhiste, qui cohabite avec les musulmans et une poignée d’irréductibles chrétiens. Donc des temples tibétains, quelques mosquées, une église catholique, une église moravienne et aucun temple hindou !

Etant proche des frontières, il y a des campements militaires installés un peu partout, chacun ayant sa devise. Bien sûr, ils sont là pour votre sécurité mais surtout pour entretenir les infrastructures et la nature : tout est presque propre, les routes sont neuves et ils ont du matériel pour travailler efficacement. Bref, ils sont bien mieux équipés que ceux qui travaillent dans l’Uttarakhand. BRO signifie « border road organisation » ; ces initiales sont sur tous les panneaux d’informations de la région (un Indien aime beaucoup se mettre en valeur et le fait largement savoir). Les militaires sont souriants, très cool, très serviables et les armes ne sont pas mises en valeur. Ils sont peu présents dans les villes et villages, mais souvent en déplacement sur les routes.

Leh (3500m)

Leh est la capitale du Ladakh, c’est par là tout le monde passe pour organiser son séjour dans la région. La ville en elle-même, ne présente que peu d’intérêt d’autant que tout le centre ville est en rénovation. Leh est situé dans une vallée entourée de montagnes dépassant les 6000m, le paysage est désertique sauf près des rivières où la végétation est magnifique.

Toutes les infrastructures sont spécialement développées pour les touristes : hôtels de luxe, boulangeries européennes, restaurants proposant de la cuisine continentale… ; sans compter les innombrables boutiques vendant les fameux produits de la région : les objets en laine de cachemire et de pashmina. Malgré que le Ladakh soit très loin de tout et qui plus est perdu dans les montagnes, j’ai été très surpris que le coût de la vie soit globalement le même que dans tout le reste de l’Inde à prestation égale. Bien sûr, voyager en bus en montagne coûte 50% de plus qu’en plaine, mais c’est le même prix partout en Inde et la nourriture est au même prix par exemple.

Le Ladakh est dit-on le poumon vert de l’Inde : c’est vrai que c’est très propre comparé au reste de l’Inde. Cela dit, ce n’est pas encore la Suisse. Malgré des panneaux d’informations nous invitant à prendre soin de la nature, cela n’empêche pas les Ladakhis de continuer à prendre la nature pour une poubelle (je l’ai vu de mes yeux).

Beaucoup de Ladakhis ne parlent pas anglais, par contre j’ai eu de bonnes rencontres que ce soit dans la rue ou bien dans les boutiques avec ceux qui parlaient anglais. Ici, tout le monde prendra du temps pour répondre à vos questions, sans jamais vous forcer à acheter quelque chose.

A visiter dans Leh : le magnifique temple tibétain Jokhang Vihara (dans le centre ville), le Shanti stupa à 2 km qui offre une belle vue sur Leh, éventuellement le Leh palace (aucun intérêt, vous payez pour visiter un bâtiment vide) et le temple tibétain Tsemo perché sur un pic (entrée payante pour entrer dans le temple, je suis donc resté à l’extérieur). Pour visiter d’autres belles choses, il faut faire des dizaines de kilomètres et sortir son portefeuille.

L’église catholique : je savais qu’il y en avait une à Leh et j’avais réussi à trouver sur le blog d’un internaute le quartier où elle était (j’avais envoyé un mail à la maison de l’évêque pour avoir des informations ; mais je n’ai pas eu de réponse). Après avoir demandé plusieurs fois aux habitants du quartier, j’ai fini par la trouver (elle est située à 4 km du centre ville, en face de l’aéroport perdue au milieu des maisons et non visible de loin). Le prêtre enseigne à l’école catholique la semaine et vient dire la messe à 10h tous les dimanches à l’église. Par bonheur, j’ai rencontré 2 enfants qui habitent sur place et qui ont bien voulu me faire entrer dans l’église. J’ai donc prié un chapelet avec eux. Par contre, je n’ai pas eu l’occasion d’assister à une messe.

La visite annuelle du Dalai Lama

La visite annuelle d’une semaine du XIVème Dalai Lama au Ladakh se passe toujours en juillet. Comme un bon pasteur, il vient prendre soin de ses brebis en faisant le tour des villages et des temples et offrir un enseignement public ouvert à tous. J’ai donc pu prendre quelques photos de lui lors de sa visite au temple au centre de Leh ainsi qu’à Choglamsar durant sont enseignement public. Les Ladakhis se sont parés de leurs plus beaux vêtements pour l’accueillir et une très belle atmosphère de prière régna ; bref, j’ai eu un beau cadeau.

Thiksay

Les alentours de Leh

Il y a 4 fameux monastères à visiter (route de Leh à Manali) : Shey (11 km), Thiksay (16 km), Hemis et Chemrey (45 km). Le problème me concernant : il faut payer pour visiter un lieu de culte en activité. Les moins tibétains du Ladakh, profitent du tourisme pour se remplir les poches d’argent. Certes cela contribue à entretenir les bâtiments, mais voir un moine vous interdire de prier devant Bouddha parce que vous ne donnez pas de l’argent, je ne peux cautionner cela (lire ma visite du Rajasthan). J’en ai donc parlé avec un moine bouddhiste venant d’une autre région pour avoir son avis ; il est absolument d’accord avec moi ce sur point.

Toutefois, ayant du temps libre et sans faire des kilomètres pour visiter des temples qui se ressemblent (me dit-on), je suis donc allé à Thiksay. Et là surprise, il n’y a aucun moine (ils sont tous partis voir le Dalai Lama) ; les temples sont fermés mais ont peut visiter l’intérieur du monastère gratuitement. 2h après, les moines reviennent, les temples sont ouverts et la caisse aussi. Mais étant déjà à l’intérieur, j’ai donc pu visiter les temples gratuitement. C’est vrai quel les lieux sont anciens et très beaux et que c’est dommage de passer à côté de cela. Toutefois, en visitant le temple au centre Leh cela donne une idée assez précise de l‘intérieur de tous les temples tibétains.

Entre Thiksay et Shey, il y a la possibilité de prendre une petite route désertique (au lieu de la route principale), mais au milieu de la végétation. Un vrai moment de repos avec des beaux paysages. Quant à la visite de Shey, si l’on peut monter dans les hauteurs pour visiter le palais, il faut payer pour visiter le temple. Cela dit ne lieu ne présente pas un grand intérêt.

J’avais éventuellement pensé aussi à faire un petit trek d’une semaine au sud de Leh, dans la Markha valley. Malheureusement, n’étant toujours pas en grande forme (soucis intestinaux lié au climat), j’ai abandonné cette idée.

Choglamsar

Situé entre Leh et Shey, c’est un village tibétain que l’on traverse forcément au moins une fois en restant sur la route principale (Leh-Manali). Tous les commerces sont regroupés sur la route, mais peu de touristes s’aventurent dans l’arrière du village. Vu de la route, c’est un village fantôme, mais vu de l’intérieur c’est un village avec une âme bien vivante. Certes, j’ai croisé très peu de Tibétains au moment où je suis allé, mais cela m’a permit de découvrir un peu la vie locale, quelques maisons typiques du Ladakh et la pauvreté des Tibétains. La vie est rude.

Au sommet d’une colline, se trouve un temple tibétain qui permet de voir les alentours et la configuration de Choglamsar. En fait, c’est un village en pleine expansion, il y a des constructions modernes partout. J’ai aussi découvert un cimetière tibétain, un coin avec plusieurs rouleaux de prières ainsi qu’une grande université : l’institut central des études bouddhistes. Sachez aussi, que le Dalai Lama vient habiter dans ce village durant son séjour au Ladakh. Bref, je n’ai vraiment pas regretté cette visite, que je recommande à tous ceux qui ne veulent pas rester des touristes classiques.

Nubra valley

La Nubra valley

Cette vallée se situe dans le nord du Ladakh, au ras de la frontière avec le Tibet. Diskit, situé à ~120km de Leh, en est la capitale. Pour y accéder, une seule route qui vous fait monter à 5359m d’altitude et en redescendre pour arriver dans la Nubra valley. Le passage du col s’appelle Khardung La et qui d’après les locaux, disent que c’est la plus haute route carrossable du monde (5602m) ; un panneau affichant fièrement l’information le rappel. Le hic : les mesures réelles indiquent 5359m, ce qui lui fait perdre son titre. Quand je vous dis que les Indiens aime se mettre en valeur…

Si l’on visite la Nubra valley, ce n’est que pour la beauté des paysages, les villages et les quelques monuments n’ayant pas un grand intérêt particulier. Au départ, j’ai obtenu un permis de 5 jours (samedi à mercredi) ; mais ayant appris la venu du Dalai Lama, j’ai écourté mon séjour pour pouvoir participer à son enseignement public (le mardi m’a-t-on dit). Au départ je pensais rentrer le lundi, mais après la visite de la minuscule source d’eau chaude de Panamik le dimanche, j’ai trouvé des jeunes de Mumbai qui voyageaient dans un minibus privé à moitié vide, qui rentraient sur Leh. J’ai donc pu profiter gratuitement du retour avec eux. Durée totale de ma visite : 2 jours.

En fait, se déplacer dans vallée n’est pas simple : les bus locaux sont très limités, il faut prendre un taxi privé, marcher à pied, faire de l’auto ou camion stop ou se déplacer en moto pour avoir plus de liberté.

Au final, le samedi j’ai visité Hunder (absolument inintéressant), il n’y a que des cottages pour les touristes, le minuscule temple tibétain perché dans les hauteurs ne mérite pas le détour et j’ai dormi à Diskit. Le lendemain, je suis allé à Panamik visiter la minuscule source d’eau chaude qui ne mérite pas que l’on fasse 80 km aller-retour pour aller la visiter. Je pensais m’arrêter à Sumur au retour, mais j’ai sauté ce village.

De retour plus tôt sur Leh, j’avais appris finalement que l’enseignement public était le jeudi et non le mardi. J’en avais donc profité pour visiter Thiksay, Shey et Choglamsar.

Pangong Tso lake et Tso Moriri lake

Se sont 2 magnifiques et importants lacs dans le Ladakh, que je n’ai pas visité pour des raisons budgétaire et de distance.

Pangong Tso lake (4350m) : à 150 km de Leh, c’est le plus visité et plus connu pour le tournage des films bollywood. Il y a 2 bus local par semaine qui reviennent le lendemain (~560 roupies l’aller-retour) ou bien les taxis privés à 1500-2500 roupies l’aller-retour avec une nuit sur place.

Tso Moriri lake (4520m) : à 250 km de Leh, c’est le plus beau, le plus sauvage et le moins touristique. Il y a 3 bus local par mois qui reviennent le lendemain ou bien les taxis privés.

Forcément, ceux qui viennent juste quelques jours en vacances au Ladakh, rentabilisent au maximum les visites et dépensent des sommes faramineuses pour visiter un lac. La formule classique est de dormir une nuit sur place, sinon c’est du sur-mesure et cela coûte encore plus cher. De plus, la zone pour se promener est très restreinte à cause des frontières non loin. Mais moi, j’ai préféré garder mon argent pour visiter des choses plus intéressantes qui me nourrissent..

J’ai d’ailleurs discuté de cela avec 2-3 agences de voyages et des habitants (j’aime bien demander aux habitants ce qu’ils pensent de telle ou telle chose, cela m’aide à prendre de bonnes décisions) : de savoir si cela valait la peine de dépenser autant d’argent et de faire des centaines de kilomètres pour aller voir ces lacs. Ils m’ont tous clairement dit non (c’est véridique) !

Route de Leh à Srinagar

Le trajet Leh-Srinagar

Initialement, je pensais rester 15 jours au Ladakh et revenir par la route Leh-Manali. Mais avec tous les changements que j’ai eus, je ne n’y suis resté qu’une semaine. Ayant donc un peu de temps devant moi et ne souhaitant pas refaire cette route éprouvante, je suis donc parti en direction de Srinagar à 470 km. Cette fois-ci, j’ai pris le bus local et choisit de ne voyager que de jour. Le bus fait le trajet d’une traite en partant l’après-midi pour arriver le lendemain matin. Je me suis donc arrêté à Kargil pour seulement ne dormir que… 4h. En fait, le bus arrive tard (après 22h) et le bus Kargil-Srinagar part normalement vers 4h30. Sauf que l’on m’avait dit 3h30. Et la cerise sur le gâteau, le bus du matin n’est qu’arrivé à 8h (il ne s’est pas pressé parce que la route était fermée à cause d’un glissement de terrain, mais les passagers ne le savaient pas). Bref, j’aurais du rester dormir dans le bus, d’autant qu’il ne restait qu’une place de libre dans l’unique bus du matin.

La route est pratiquement goudronnée de bout en bout sauf pour le passage d’un col, ce qui est vraiment reposant. De Leh à Kargil, on se trouve dans la région désertique du Ladakh, puis après Kargil, on se trouve dans la région verdoyante du Kashmir. Le changement de paysage est saisissant et rapide, on passe dans un autre monde. Entre Kargil et Srinagar, il y a juste un passage délicat, puisqu’après avoir passé un col, le bus a entamé une longue descente de la montagne avec une vue vertigineuse sur une vallée en contrebas (et un bus écrasé au fond). C’est à cet endroit qu’il y a eu un glissement de terrain et qu’il a fallu attendre que la pelleteuse fasse son travail. J’ai été aussi très surpris de ne croiser que très peu de véhicules et presqu’aucun camion Indian oil. Durée totale du trajet : 16h30.

La région du Kashmir

Cette région du Jammu and Kashmir fait frontière avec la zone orange et le Pakistan, ce qui confère à cette région une ambiance particulière. Toute la région est hyper militarisée, il y a des militaires armés partout sur les routes, à tous les coins de rue de Srinagar et ne sont pas souriant. J’ai comme l’impression qu’ils sont toujours en alerte maximale pour déjouer un quelconque attentat terroriste. Bienvenue dans la région plus musulmane de l’Inde.

Bien que la région soit majoritairement musulmane, il y aussi des sikhs, des hindous et une poignée d’irréductibles chrétiens ; mais pas de bouddistes. Tout ce beau monde cohabite relativement bien ensemble (à cause des militaires ?).

Une autre particularité du Kashmir est la façon dont les habitants vous demandent ce que vous pensez de leur région. Ex. : « Est-ce que tu penses que le Kashmir est meilleur que le Ladakh ? » « Est-ce que tu penses que Srinagar est très joli ? » « Est-ce que tu penses que les transports sont très satisfaisant ? »… Les habitants se croient les meilleurs de l’Inde et que le Kashmir est au dessus de tous les autres états. Même en répondant à un questionnaire-sondage toutes les phrases contenaient des adjectifs très valorisant. Du coup, je leur répondait que le Kashmir est unique et qu’il n’était pas comparable avec autre chose (je ne voulais pas les rendre encore plus orgueilleux).

Srinagar

Srinagar (1770m)

Srinagar est surtout connu pour son grand lac (Dal lake) de 20 km de circonférence et ses houseboats. Les houseboats sont des bateaux hôtels tous situés sur le lac, auquel on y accède par une barque. Ils y a les bateaux de luxe d’un côté du lac, en face d’une route importante (de 500 à 3600 roupies selon le confort pour une chambre simple, prix public), ou bien les bateaux bon marché cachés dans un coin du lac dans un lieu calme et verdoyant (300-500 roupies). Tout comme à Jaisalmer, la concurrence fait rage et les rabatteurs se disputent « gentiment » les touristes.

Donc, sitôt arrivé au bus stand pour glaner des informations sur la suite de mon trajet, un gentil musulman très doux, m’a donc proposé le bateau de son ami pour 400 roupies. Ayant eu une bonne relation avec lui, j’ai accepté, mais pas de le suivre immédiatement. Après avoir un peu insisté pour comprendre mon choix, je lui ai expliqué que j’étais catholique et que je voulais aller à l’église non loin pour avoir les informations concernant les horaires de messe. Pas de problème, il m’a pris sur sa moto, m’a déposé à l’église puis au bord du lac. Et me voilà, logé dans un bateau tenu par deux jeunes hommes. Bref, une belle expérience, d’autant que tout s’est bien passé.

La paroisse catholique de Srinagar

Oui, il y a une église catholique (saint Pierre), un prêtre et 2 communautés de religieuses. En septembre 2014, le site a été inondé sous 21 mètres d’eau et tout a été endommagé. Tout est donc en travaux de rénovation et la messe se passe dans une pièce du centre pastoral. A la fin de la messe, j’ai été chaleureusement accueilli par Fr Roy, qui était tout content de voir un étranger rester un peu après la messe (les quelques touristes qui viennent, ne restent pas) et j’ai passé tout l’après-midi avec lui. J’ai donc déjeuné chez lui et il m’a fait visiter tous les lieux de cultes importants ainsi que le tour complet du lac en voiture. Bref, une très belle rencontre inoubliable.

C’est aussi la première fois que je vois un prêtre aussi ouvert sur les autres religions, n’hésitant pas à visiter et prier dans les autres lieux de culte. L’évangélisation passe aussi par cela et c’est une manière aussi de montrer que l’église catholique est ouverte sur le monde (dialogue interreligieux). Cela permet de tisser de bonnes relations avec les responsables des lieux cultes et de préserver ainsi une certaine paix.

A la fin de la visite, je lui ai demandé comment le remercier. Il m’a dit « lorsque je vais quelque part, je suis accueilli gratuitement, il est donc normal que je t’accueille gratuitement ».

Les lieux visités

  • un temple sikh ;
  • les jardins moghols Shalimar et Nishat ;
  • la mosquée Khawaja Naqshbandi : avec une architecture extérieure en bois très particulière ;
  • la mosquée Jamia Masjid : qui peut contenir 33 333 fidèles. Vous trouverez aussi la généalogie du prophète Mahomet depuis Adam ;
  • le sanctuaire musulman Hazratbal : lieu de pèlerinage important sur le bord du lac, il accueille de temps en temps les reliques du prophète Mahomet. L’intérieur du sanctuaire est luxueux et il contient aussi des reliques (soit disant des cheveux du prophète Mahomet). Les photos sont interdites et vous serez surveillé par 2 gardes armés !

Je n’ai pas visité le temple hindou Shankaracharya perché sur une colline, qui offre une vue sur le lac cela à cause du coût du trajet et du temps nuageux : 200-300 roupies pour faire 11 Km aller-retour (il n’y a que des taxis ou des rickshaw privé). Le temple daté du IXème siècle est dédié à Shiva.

Fin de ma visite

Pour sortir de Srinagar (situé dans un cirque, coincé entre des montagnes), j’ai donc pris le bus local pour faire ~ 290 km en 12h et rejoindre Jammu la capitale de l’état. On m’avait dit que cela prenait normalement entre 6h et 10h. En fait, il n’y avait pas beaucoup de monde sur la route ; c’est juste que l’on ne roule pas vite et que l’on a fait de nombreux arrêts. Pour ceux qui connaissent le truc, il y a sur la route, une cantine militaire publique et gratuite à Batote. Au menu : riz, pois, oignon, curd, une sucrerie, une glace et la possibilité de remplir sa bouteille d’eau gazeuse citronnée. Bref un menu bien meilleur que la cantine d’Amritsar. Et pour finir le trajet en beauté : 70 km sur de l’autoroute entre Udhampur et Jammu.

De Jammu (il n’y a rien à visiter), j’ai donc pris le train de train direction Haridwar ; où je suis resté 10 jours pour me reposer et rédiger ces nouvelles.

J’ai donc passé 15 jours dans le Jammu and Kashmir et je ne regrette pas d’être allé sur le toit de l’Inde, ni d’avoir fait tous les trajets par la route. Le Ladakh est vraiment une région saisissante et unique qui mérite vraiment d’être visité. Par contre, pour bien en profiter, il faut du temps et de la patience.

Voir les photos du Jammu and Kashmir.

Lire les conseils pour visiter le Jammu and Kashmir.

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