Chine – Visite du Jiangsu et du Shandong

Bienvenue en Chine

Durant mon séjour à Hong Kong, j’avais fait une demande de visa touriste au consulat de Chine, pour continuer à visiter ce pays. Bien que plusieurs personnes m’aient affirmées qu’obtenir un via chinois à Hong Kong est nettement plus facile, et bien me concernant le consulat a été plus pénible que l’Ambassade à Hanoi concernant les nombreux justificatifs à fournir. Bref, j’ai demandé 1 mois ; j’ai obtenu… 15 jours. Quand à l’explication du pourquoi et du comment, vous saurez tout cela au ciel !

En Chine, il y a la possibilité de demander une extension de visa de 1 mois maximum (sur les visas touristes). Lorsque j’avais fait cela à Kangding pour mon premier visa, cela s’était fait très simplement et j’avais eu un mois de plus sans justificatif à fournir. Cette fois-ci je suis allé à Suzhou, une ville pas trop importante, en me disant que cela devrait être plus facile qu’à Shanghai. Et bien non, l’administration ne voulait pas me donner plus de 15 jours (= même durée que mon visa) et je devais en prime fournir des justificatifs. Ne voulant pas perdre d’avantage de temps, me prendre la tête dans les tracas administratifs et gâcher de l’argent, j’avais décidé de rester sur mon visa de 15 jours.

Suzhou

Visite du Jiangsu (mardi 2 août – vendredi 5 août 2016)

Suzhou

Suzhou se trouve à 100 km à l’ouest de Shanghai, à seulement 30 min en train à grande vitesse HCR (vitesse de pointe : 300 km/h). Plutôt que de commencer ma visite à Shanghai, j’ai préféré commencer par ici et de me renseigner immédiatement pour une extension de visa. J’ai eu la joie de débarquer dans un hôtel tout neuf, ouvert une semaine avant mon arrivée par une femme de 27 ans… Et comme elle était intéressée d’en savoir plus pour obtenir une extension de visa, afin de mieux accueillir et assister les prochains étrangers dans cette démarche classique, j’ai passé une demie journée avec elle à glaner les informations à droite et à gauche.  Bref, elle m’a bien facilité les choses en me servant d’interprète, car apparemment personne dans l’administration ne parle anglais. Devant les tracasseries administratives, je ne suis donc pas allé au bout de ma démarche.

Suzhou est une ville d’eau que j’ai beaucoup aimé, car outre le fait quelle soit moderne, elle est traversée par de nombreux canaux. Certains quartiers sont interdits à la circulation et l’on peut donc se promener tranquillement dans d’anciennes rues, admirer d’anciennes constructions et profiter de la végétation verdoyante. Contrairement à Pingyao qui est noyé par les touristes, Suzhou n’est pas encore touristique et les commerces n’ont pas encore défiguré tous les quartiers. Suzhou est clairement un havre de paix, beaucoup plus joli que Pingyao et seulement à 30 min en train de Shanghai.

La superficie de la ville est assez étalée, et se rendre d’un endroit à un autre en transport en commun peut-être fastidieux. J’ai donc pu emprunter un vélo et pu faire le tour de tout ce que je voulais voir en une journée.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais élargi ma visite dans cette province aux villages avoisinants, car toute la région est remplie d’eau, offrant de belles balades en perspectives. A choisir entre Suzhou et Pingyao, je préfère nettement Suzhou.

Les lieux visités

  • Xuanmiao Taoist Temple : le temple Xuanmiao a été fondé en 272, mais a été détruit et reconstruit plusieurs fois en différents endroits. Celui de Suzhou date de 1775, il est tout simplement magnifique et vous donne une idée assez précise de l’architecture de tous les temples taoïstes du pays. Le top : l’entrée est gratuite ;
  • Xiyuan Buddhist Temple : magnifique temple bouddhiste dans le style du pays qui mérite lui aussi d’être visité, d’autant que l’entrée est gratuite ;
  • Yangjiaqiao Catholic Cathedral : là aussi, très belle et rare cathédrale dans le pur style chinois, ignorée des touristes (entrée toujours gratuite).

Qufu

Visite du Shandong (vendredi 5 août – samedi 6 août)

Qufu

Qufu (prononcer « tchoufou ») est à 710 Km au nord de Suzhou, 3h30 en train rapide (HCR). Je suis arrivé dans cette ville en début d’après midi, visité les 3 lieux les plus importants et repartir le lendemain matin. La visite a été un peu trop rapide, mais le temps est court.

Qufu est une ancienne ville fortifiée, surtout connue comme lieu de vie de Confucius. Les pèlerins se rendent nombreux ici pour visiter le temple dédié à Confucius, aller sur sa tombe et visiter la résidence de la famille Kong. Bref, plus qu’un lieu de pèlerinage, c’est surtout devenu un centre d’attraction touristique juteux où tout est payant, même pour aller au cimetière !

Confucius

Kongfuzi (nom latinisé en Confucius par des missionnaires jésuites) est né à côté de Qufu le 28 septembre -551, il est décédé le 11 mai -479 et repose en paix dans le cimetière avec 100 000 de ses fidèles. C’est un grand philosophe chinois, un des plus influents penseurs de l’histoire chinoise qui a énoncé le premier la loi de bienveillance et de compassion: « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse ».

« Selon la tradition, son père fut un descendant de la dynastie Shang et gouverna  la province de Lu (dans le sud-est de l’actuelle Shandong). Il épousa en secondes noces, alors qu’il avait 70 ans, une jeune fille de 20 ans. Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans et laissa sa famille dans la pauvreté.

Dès l’âge de 17 ans, grâce au goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à 24 ans et eut trois enfants (un fils, Kong Li, et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende affirme qu’il aurait rencontré Lao Zi en allant consulter des annales, et qu’il aurait été si fortement impressionné qu’il n’aurait plus parlé pendant trois jours ou un mois.

Après la mort de sa mère (en -527), il se mit à enseigner sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour de son prince, il se fait écarter du poste et il part en -496 pour 14 ans d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter. Puis, il rentre définitivement à Lu pour se consacrer à l’enseignement et la compilation de textes anciens, jusqu’à sa mort en -479 ».

« Bien qu’il n’ait jamais développé sa pensée de façon théorique, on peut dessiner à grands traits ce qu’étaient ses principales préoccupations et les solutions qu’il préconisait. Partant du constat qu’il n’est pas possible de « vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages, et qu’il faut donc vivre en bonne société avec ses semblables », Confucius tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. »

« Mettant l’Homme au centre de ses préoccupations et refusant de parler des esprits et de la mort, Confucius n’a pas fondé de religion au sens occidental du terme, même si un culte lui a été dédié par la suite. Cherchant à fonder une morale positive, structurée par les « rites » et vivifiée par la « sincérité », mettant l’accent sur l’étude et la rectitude, Confucius représente pour les Chinois d’avant la Révolution, l’éducateur par excellence, mais la lecture attentive des Entretiens montre qu’il n’a pas voulu s’ériger en maître à penser, et qu’au contraire il voulait développer chez ses disciples l’esprit critique et la réflexion personnelle : « Je lève un coin du voile, et si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. » » (Extraits du site internet limousin-chine.org).

Aujourd’hui, le confucianisme est toujours bien présent dans la vie des Coréens, des Japonais, des Vietnamiens et des Chinois, même si officiellement le gouvernement communiste chinois ne reconnaît plus cette pratique millénaire. Pour en savoir un peu plus sur la vie de Confucius, un film est sorti en 2010 sous son nom.

Les lieux visités

D’habitude, je refuse de payer un ticket d’entrée pour visiter les lieux de cultes, ainsi que pour aller visiter des tombes. Mais cette fois-ci, j’ai fais une exception pour honorer la mémoire de Confucius. Officiellement le confucianisme est rejeté par le parti communiste, mais cela n’empêche pas d’en faire un business avec (grr, toujours cette obsession de l’argent). Le temple, la résidence et le cimetière font parti du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a la possibilité de visiter séparément les lieux ou bien de prendre le package valable 3 jours.

  • Confucius Temple : premier temple dédié à Confucius, il a été construit en -478 puis détruit et reconstruit plusieurs fois ; l’architecture de tous les temples confucianistes sont calqués sur celui-ci. C’est le plus grand temple confucianiste et l’un des plus important de Chine (et du monde ?). Il abrite une centaine de bâtiments, plus de 1000 arbres et des centaines d’anciens objets. On rentre par le côté sud, on passe plusieurs portes et plusieurs cours pour enfin arriver 600 mètres plus loin au nord, au temple dédié à Confucius ;
  • Kong Family Mansion : résidence aristocratique où vécurent et travaillèrent les descendants mâles en ligne directe de Confucius. Plusieurs fois détruite et plusieurs fois reconstruite, ce lieu abrite plus de 100 000 collections de différentes dynasties ainsi de que des archives des dynasties Ming et Qing. Clairement, sur les 170 bâtiments, ceux qui sont ouvert servent de magasins de souvenirs, sinon on reste à l’extérieur. A vrai dire, les bâtiments se ressemblant tous, je me suis un peu lassé de ce lieu. A choisir entre le temple et la résidence, je choisi sans hésitation le temple ;
  • Le cimetière : c’est ici que repose Confucius et 100 000 de ses disciples. Pour accéder au cimetière (devenu attraction touristique), il faut payer un ticket d’entrée. Ensuite, il faut marcher quelques centaines de mètres pour arriver à la tombe de Confucius. Toutefois, pour les fainéants et les invalides, il y a la possibilité d’y aller en voiture électrique (payant). La tombe où repose Confucius est vraiment très simple et le lieu assez priant malgré les hordes de touristes. En dehors de cela, il y a la possibilité de faire le tour du cimetière ou plutôt de la jungle verdoyante et partir à l’Indiana Jones à la recherche des tombes noyées dans la végétation. Vous avez cru comme moi que le ticket d’entrée servait à l’entretien du cimetière ? Que nenni. La seule chose entretenue est la route en pierre pour que les voitures électriques puissent circuler.  Vous avez là l’exemple parfait du développement du tourisme de masse en Chine et de la façon dont le gouvernement communiste s’y prend pour faire disparaître les religions (ou ce qui ne lui plait pas). Ah oui, une dernière précision, apparemment un poste de police est installé à proximité de la tombe de Confucius (j’ai juste vu un panneau le mentionnant).

S’il n’y a qu’une chose à visiter, c’est le temple. Visiter la résidence est pour moi d’un intérêt limité, voir cent fois la même chose de l’extérieur est lassant d’autant que l’on retrouve le même style d’architecture dans les bâtiments du temple. Quant au cimetière, il est inintéressant au possible et ne vaut le déplacement que si vous avez l’intention de venir y prier. Autrement, n’entretenez pas le tourisme par respect pour ceux qui reposent dans ce cimetière.

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