Inde – Visite de l’Uttar Pradesh (suite)

Bienvenue en Inde

Me voici de retour en Inde, où je reprends vite mes points de repères. Passage de la frontière en 10 minutes, puis direction Gorakhpur dans la foulée avec 3 heures de bus en plus ! Donc, longue journée de transport, mais le plus important était d’être sur une ligne de train pour continuer ma route.

Visite de l’Uttar Pradesh (Jeudi 1er janvier – vendredi 9 janvier 2015)

Lucknow / Kanpur Nagar

Lucknow est la capitale de l’Uttar Pradesh. Je me suis arrêté dans cette ville, qui était sur mon trajet, juste quelques heures pour visiter les 4-5 choses recommandées dans les guides touristiques. Les entrées sont payantes avec un prix élevé spécial touriste. Je souhaitais visiter une chose qui sortait un peu de l’ordinaire : un labyrinthe. Mais pour cela il fallait payer le prix fort… Du coup, j’ai passé mon chemin. Si l’on a peu de temps, ne pas s’arrêter à Lucknow.

Hanpur Nagar : il n’y a rien à visiter, je me suis arrêté là juste pour une nuit.

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Agra

J’ai fait un long trajet en bus de près de 300 km sur de la voie express (je n’ai pas pris le train, car il y en avait peu et surtout avec d’importants retards). Un vrai bonheur, les routes sont droites et correctement entretenues, ça ne m’étais pas arrivé depuis mon passage dans le Kerala. En disant voie express, c’est juste une route payante (oui, il y a des portions de route à péages), où l’on peut rouler à bonne vitesse. Cela dit, c’est ouvert à tous types d’engins, y compris les tracteurs, les vélos et… les piétons qui n’hésitent pas à traverser la route n’importe où (les passages piétons sont rares).

Agra est une ville étendue et cela m’a vraiment surpris : il faut faire des kilomètres pour aller d’un point à un autre, rien n’est regroupé. 6 km par ci, 5 km par là, bref tout faire à pied prend énormément de temps. En dehors des mégapoles, je n’avais jamais rencontré cela. Du coup, cela fait la joie des rickshaws qui profitent bien du tourisme.

Avant d’arriver sur Agra, j’avais trouvé sur Internet une église près de la gare ferroviaire et près d’un bus stand. J’ai donc ciblé le quartier où je souhaitais être. Le hic : il y a plusieurs bus stand dans Agra, et le bus m’a donc déposé à 6 kilomètres de là où j’espérais arriver… J’ai du donc prendre un rickshaw pour arriver dans le quartier où je souhaitais aller et me poser dans un hôtel. Sitôt mes affaires posées vers 19h, direction l’église que j’avais repéré sur internet auparavant, pour aller prendre les horaires de messes afin d’avoir la messe du dimanche le lendemain matin. 2ème hic : l’église est dans l’enceinte d’une résidence militaire, impossible d’y accéder. Une petite recherche sur internet sur smartphone et j’en trouve une autre à proximité. Je vais donc la repérer et là, 3ème hic : elle se trouve aussi dans une autre enceinte militaire. Elle est ouverte au public, mais seulement de jour et le gardien ne connaît pas les horaires des messes. Je persévère, et j’en trouve encore une autre dans le quartier sur internet. Après bien des difficultés pour la localiser, malgré les renseignements des locaux, j’arrive enfin devant la grille du jardin de l’église fermée à… 23h30. Oui, oui, à 23h30 et ce malgré ma longue journée de route. Comme bien souvent, pas d’informations à la grille. Enfin le plus important était de la localiser.

Le lendemain, ne sachant pas l’heure de la messe, je m’y rends de bonheur, vers 7h30 et je patiente dehors à la fraîche. Ouverture de l’église à 8h30 et messe à 9h00 (fête du baptême du Seigneur). Dans mes nouvelles précédentes, je vous parlais déjà des difficultés à trouver des églises pour avoir la messe. Si je tiens à avoir la messe au moins le dimanche, c’est parce que pour un catholique pratiquant c’est important de communier au Pain de vie. C’est aussi et surtout un témoignage de ma foi, une façon d’évangéliser en silence à défaut de dire les choses à voix haute dans un contexte de minorité religieuse. Bien souvent, des paroissiens ont été étonnés et ravis de me voir dans leurs églises peu fréquentées par les touristes… Je pense, qu’il y a un vrai manque de visibilité sur internet et surtout, trop souvent, par l’impossibilité d’avoir les horaires de messes affichés. Du coup, je ne me sens pas vraiment accueillis, surtout lorsque l’on vient de loin.

Agra est une des villes incontournable de l’Inde, les touristes y affluent par milliers pour aller voir le fameux Taj Mahal (lire aussi l’article sur Wikipedia). C’est un peu le symbole de l’Inde, comme la tour Eiffel en France. Le Taj Mahal est un mausolée tout en marbre blanc construit par l’empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam (travaux débuté en 1631), situé au bord de la rivière Yamunâ. Il est considéré comme un joyau de l’architecture moghole, et est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco ! C’est aussi le monument où le ticket d’entrée est le plus élevé : 750 roupies pour les étrangers (250 roupies pour le site et 500 roupies de taxe pour le gouvernement). Les Indiens payent un prix dérisoire. Que faire ? Payer exceptionnellement le prix fort, sachant que j’ai refusé de visiter un certain nombre de lieux ou bien ne pas le visiter ?

En le regardant de l’extérieur, il est assez petit en superficie. En discutant avec des indiens, tous m’ont dit que le prix est exorbitant, et ne m’ont pas incité à le visiter (ce que je dis est vrai). En fait, si l’on ne souhaite (ou peut) pas payer, il y a la possibilité de le voir gratuitement de pas trop loin sur l’autre rive de la rivière et sans vis-à-vis. Autre lieu : le mausolée de l’Itmat ud Daulah’s construit entre 1622 et 1628, autrement appelé le baby Taj qui aurait servit de brouillon à la réalisation du Taj Mahal. En regardant les commentaires sur internet, certains n’ont pas été vraiment enthousiasmés par l’intérieur du Taj Mahal. Au final, en prenant en compte ces divers éléments, j’ai choisi de ne pas payer le ticket d’entrée du Taj Mahal, préférant le voir gratuitement de l’extérieur. J’ai tout de même visité le baby Taj, afin d’avoir une idée plus précise de l’architecture. Ce que je vous partage peut vous paraître surprenant, c’est une façon pour moi de montrer que je ne souhaite pas être vu par le gouvernement comme un riche touriste étranger, d’autant qu’actuellement je n’ai pas d’emploi et que fais très attention aux dépenses. Je vous avoue que ce n’est pas toujours évident de trouver le juste milieu.

La dernière chose à visiter est le grand fort d’Agra, que je n’ai pas fait par manque de temps.

D’Agra, j’ai fait l’aller/retour dans la journée pour visiter Fatehpur Sikri et Barathpur et un autre aller/retour pour visiter Mathura et Vindravan.

Au retour de ma visite de Mathura et de Vindravan, à ma descente du train (bondé) à la gare d’Agra, je me suis aperçu que je n’avais plus mon appareil photos dans ma poche. Il n’est pas tombé, quelqu’un a dû me le voler. J’ai donc perdu mes photos de Lucknow, d’Agra, Fatehpur Sikri, Bharatpur, Mahura et Vindravan.

Le lendemain, j’ai donc racheté un nouvel appareil photo sans trop de difficulté : j’avais 3 boutiques autour de mon logement. Ouf. J’avais pensé à reprendre des photos du Taj Mahal, mais il aurait que je refasse tout un tour. N’ayant plus envie de re-dépenser des roupies en rickshaw et de passer plus de temps dans cette ville, j’ai donc continué mon chemin. Ce sont des lieux que j’ai appréciés, j’espère que j’aurais l’occasion d’y revenir un jour. Je suis resté en tout 5 nuits sur Agra.

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Fatehpur Sikri

Ce sont 2 villages (réunis en un seul aujourd’hui) du 16ème siècle situés à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Agra, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Fatehpur Sikri (lire aussi l’article sur Wikipedia) a été pendant 10 ans la capitale de l’empire Mongol. C’est un complexe de monuments et de temples pour certains en ruines que l’empereur Akbar avait fait construire et qui à l’époque avaient fortement influencé les Indiens quant à la construction des bâtiments.

La visite des lieux m’a été faite par un jeune musulman, étudiant dans une école coranique. Au milieu des monuments, se trouve une ancienne mosquée imposante datée de 1571 (Jama Masjid) pouvant contenir 10000 fidèles ! La mosquée de forme carrée, est complètement ouverte à l’intérieur. C’est aussi, me dit-il, la seule mosquée au monde où les musulmans, les hindous et les chrétiens peuvent venir prier, chacun ayant un endroit bien précis (je ne pense pas qu’il y ait des prières communes). Le saint Sheik Salim Christi qui repose dans la mosquée avait prédit à l’empereur Akbar qu’il aurait 3 fils. Aujourd’hui, des femmes viennent prier en ce lieu pour demander à Dieu qu’Il leur donne un enfant. La tradition veut aussi que l’on fasse 3 vœux, j’en ai donc profité pour prier pour la paix dans le monde.

Barathpur

Après Fatehpur Sikri, direction Barathpur dans l’état du Rajasthan à une vingtaine de kilomètres. Cette ville ne présente pas vraiment d’intérêts particuliers (et pourtant les guides touristiques la mentionne) sauf le parc de Keoladeo Ghana à la périphérie de la ville, qui est une réserve ornithologique où l’on peut se promener librement. J’y vais pour voir ce que c’est et là aussi, je trouve le prix un peu élevé (400 roupies) pour les étrangers.

Devant mon hésitation, le responsable du parc m’interpelle et j’entame une longue discussion avec lui, entre autre, sur les prix pratiqués en Inde par le gouvernement envers les touristes. Il m’explique simplement que le gouvernement à besoin d’argent, et que demander 400-500 roupies (5-6 euros) compte tenu de notre niveau de vie ne représente pas grand-chose pour nous (l’Inde fait partie des pays où le niveau de vie est un des moins élevés de la planète). Cela permet aussi aux Indiens les plus modestes d’accéder aux sites culturels du pays. En soit, je comprends le raisonnement du gouvernement, sauf que ce qui me gêne est la différence de traitement que je subis. Payer un peu plus, je suis d’accord ; payer beaucoup plus, je ne suis pas d’accord car ça ne reflète plus le niveau de vie du pays (d’autant que les prix flambent à la hausse d’une année sur l’autre). Bref, n’ayant pas de ressources financières conséquentes, je limite donc les visites culturelles.

Pour aller un peu plus loin, j’ai demandé au responsable s’il pouvait faire un effort en réduisant un peu le prix du ticket d’entrée. Respectant scrupuleusement les règles, il n’est pas possible de réduire le prix du ticket d’entrée individuel. Me voilà heurté à l’application drastique des règles indiennes pour la seconde fois (j’ai eu le même raisonnement concernant les tickets de train). Ce qui est certain : appliquer bêtement les règles sans réfléchir, c’est aussi obtenir l’effet inverse que celui escompté. Ex : le gouvernement à besoin d’argent. Je propose de lui donner 300 roupies pour le ticket d’entrée, mais il reste inflexible sur les 400 roupies (les règles). Du coup, ne faisant pas d’effort de son côté, je n’en fais pas non plus et je ne lui donne rien. Dans tous les cas, je suis perdant (je ne visite pas) et le gouvernement ne gagne rien alors qu’il a besoin d’argent… C’est vraiment bête comme stratégie.

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Mathura

Mathura est situé à 50 km au nord d’Agra, c’est une des 7 villes sacrées pour les hindous, c’est ici que Krishna est né. Haut lieu de pèlerinage donc. C’est une ville nettement plus petite que Varanasi et aussi nettement plus agréable : un seul ghat marque l’emplacement où Krishna s’est baigné dans la rivière Yamunâ (avec la possibilité de faire un tour en barque), le temple Kesava Deo et des petites rues commerçantes autours. Une autre chose que j’ai appréciée, est qu’ici les locaux ne forcent pas la main et respectent votre choix de ne pas faire quelque chose. Par exemple, dans mon cas, de ne pas faire une offrande (fruits ou fleurs) au dieu du temple. Le guide qui m’avait fait la visite des lieux est un brahman (prêtre hindou) qui bizarrement n’officie pas dans un temple (je n’ai pas compris la raison). Cela dit, la rencontre a été toute simple et très agréable.

En discutant avec d’autres personnes (indiennes ou étrangères) de Varanasi (après mon passage), certains ont confirmé que certaines personnes se font un business lucratif avec la religion et qu’il y a beaucoup d’arnaques. Le jeune brahman qui m’avait fait la visite du temple près du ghat à Varanasi, m’avait forcé à faire des offrandes au dieu du temple, sachant que c’était les règles. J’avais catégoriquement refusé d’offrir les fleurs (à un prix élevé) et s’en était suivie une longue discussion sur les religions. J’en parle ici avec du recul, sachant que dans mes précédentes nouvelles je n’avais pas parlé de cet aspect négatif. A choisir entre Mathura et Varanasi, je préfère largement Mathura.

Autres choses à visiter : une ancienne mosquée et l’ISKON temple dédié à Krishna (ISKON est une association de religieux hindous qui adorent Krishna et qui construisent des temples un peu partout en Inde, dont celui de Bengaluru que j’avais visité). Mathura mérite que l’on s’y arrête au moins une journée, je n’y suis resté que 4 heures par manque de temps.

Vindravan

Situé à 15 kilomètres de Mathura, c’est dans ce village que Krishna a passé son enfance. Ici, tout est plus calme qu’à Mathura, c’est le lieu idéal pour prier. Il y a donc beaucoup de temples de constructions variées (il n’y a pas 2 qui se ressemblent) et d’ashrams (lieux de retraites) annoncés par d’immenses banderoles visibles depuis la rue. En visitant par hasard un temple, j’ai été très surpris de voir plusieurs étrangers se reposer dans le jardin attenant. Après discussion, il se trouve que c’est un ashram et que beaucoup d’étrangers viennent ici se ressourcer en faisant… du yoga avec pour fond sonore des mantras hindous. Les chrétiens iront eux plutôt à Nazareth.

Vindravan est aussi le siège social de l’association ISKON, j’ai donc visité ce temple dédié à Khrisna. Je m’attendais un temple immense (dans le genre de celui de Bengaluru) et en fait non, c’est tout petit et en marbre blanc. L’ambiance était joyeuse et festive, les gens dansaient en louant Krishna au rythme de la musique. Le cadeau du lieu : les photos sont permises. J’en ai donc profité pour en prendre quelques unes. Là aussi, ma visite a été beaucoup trop rapide car il me fallait revenir sur Agra pas trop tard.

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Jhansi

Cette ville ne présente aucun attrait touristique, je me suis juste arrêté là pour dormir. Enfin si, il y a une surprise dans cette ville : en cherchant une église pour avoir la messe, je suis tombé par hasard sur un sanctuaire dédié à l’apôtre saint Jude. Je le mentionne car c’est rare de trouver un lieu dédié à saint Jude.

Voir les photos de l’Uttar Pradesh.

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