Chine – Présentation du pays

Bienvenue en Chine

Ma première intention était, après le Vietnam, d’aller au Laos, puis de revenir en Thaïlande par le nord avant le début de la mousson mi-juin. Mais étant tout près de la frontière chinoise, je me suis laissé attiré par ce pays, et donc changé mon itinéraire. Pour moi l’Inde et la Chine sont 2 pays clés de l’Asie du sud, sud-est et est, car ils ont de très anciennes cultures, coutumes, religions et croyances qui imprègnent encore aujourd’hui la vie de nombreux asiatiques et qui méritent d’être découverts. Contrairement à l’Inde qui accueille bien volontiers les touristes en accordant assez facilement des visas touristes longues durées, la Chine ne cherche vraiment pas à accueillir des étrangers sur son sol (le pays fait tout pour limiter les influences étrangères dans tous les domaines) et donc pour obtenir entre autre un visa, c’est assez pénible.

Nous connaissons surtout la Chine pour ses relations commerciales (produit « made in china », délocalisation des services, main d’œuvre pas chère…), les persécutions régulières dans la liberté d’expression… mais beaucoup moins la vie au quotidien à l’intérieur de ce grand pays que je vais vous partager avec mon expérience personnelle.

Quelques dates importantes

Je vous accorde, c’est un peu long dans ces nouvelles ; mais c’est très court comparé à ce que vous pourrez lire sur internet. L’objectif est de mieux comprendre ce qu’était la Chine auparavant pour mieux comprendre ce qu’elle est aujourd’hui, notamment avec un parti politique unique. J’ai récupéré toutes les informations (très lisibles) sur cette page du site internet larousse.fr.

  • -300 – 1840 : succession d’une multitude de dynasties ;
  • 1842 : traité de Nankin signé avec les Anglais, qui obtiennent l’ouverture de 5 ports et qui occupent l’ile de Hong Kong ;
  • 1894-1895 : guerre sino-japonaise, le Japon victorieux s’empare de Taiwan ;
  • 1915 : la Chine est sous protectorat du Japon ;
  • 1921 : création à Shanghai du parti communise chinois ;
  • 1931 : création de la République soviétique chinoise par Mao Zedong;
  • 1935 : le Japon s’empare de Pékin ;
  • 1937 : début de la guerre civile avec le Japon ;
  • 1949 : fin de la guerre civile avec le Japon, le gouvernement chinois se réapproprie presque tout son territoire ;
  • 1er octobre 1949 : proclamation de la République populaire de Chine ;
  • 1950 : fin de l’indépendance du Tibet ;
  • 1950 : réforme agraire, 3 millions de Chinois sont morts lors des expropriations ;
  • 1951 : terreur rouge entre mars et septembre, 1 millions d’opposants au régime sont éliminés, 2 millions sont rééduqués ;
  • 1950 : traité sino-soviétique, 800 000 Chinois interviennent en Corée du nord et se battent contre les Etats-Unis ;
  • 1953 : signature de l’armistice Panmunjon qui marque la fin du conflit en Corée ;
  • 1956 : fin du capitalisme dans les villes ;
  • Mai 1957 : campagnes des « Cent Fleurs», des étudiants exigent la liberté de la parole, d’association et de la pensée ;
  • Juin-octobre 1957 : contre offensive du Parti communiste Chinois, tous ceux qui ont critiqué ouvertement le gouvernement sont exilés à la campagne ou internés dans des camps par centaines de milliers ;
  • 1957-1959 : grave crise agricole, 30 millions de paysans sont morts ;
  • 1964 : explosion d’une bombe atomique chinoise, les Etats-Unis et l’URSS deviennent des ennemis ;
  • 1966-1968 : révolution culturelle prolétarienne des gardes-rouges, le pays est dans le chaos ;
  • 1972 : Richard Nixon se rend à Pékin, les relations avec les Etats-Unis reprennent ;
  • 1976 : mort de Mao Zedong, Huo Guofeng le succède ;
  • 1978 : Deng Xiaoping lance la politique des « trois libertés et un contrat » ;
  • 1979 : Deng Xiaoping ouvre le pays au monde, il normalise les relations avec le Japon et créé 5 « zones économiques spéciales » ouvertes aux capitaux étrangers ;
  • 1981 : Hu Yaobang est à la tête du Parti ;
  • 1986-1988 : crise dans le pays, le taux de chômage est à 10 % et l’inflation est à 21 % ;
  • 1989 : mort subite de Hu Yaobang, s’ensuit une crise politique aigüe. Jiang Zemin prend la tête du Parti ;
  • 1997 : rétrocession de Hong Kong à la Chine ;
  • 1999 : rétrocession de Macau à la Chine ;
  • 2001 : la Chine et la Russie signent un nouveau traité d’amitié et de coopération ;
  • 2003 : Hu Jintao est élu président, il promet « l’harmonie sociale » contre les inégalités et la corruption ;
  • 2013 : Xi Jinping est élu président.

Aujourd’hui, « la société civile chinoise acquiert une autonomie certaine dans le domaine de la sphère privée (accès à Internet, liberté de voyager, d’étudier à l’étranger, liberté d’entreprendre et de s’enrichir) ; la protection de la propriété privée est inscrite dans la Constitution amendée en mars 2004. Pour autant, l’État détient toujours le monopole de l’activité politique et exclut toute émergence de contre-pouvoirs indépendants (justice, presse) ou toute expression de dissidence ou de contestation. » (Passage extrait de cette page sur le site internet larousse.fr).

La Chine compte 1,37 milliards d’habitants, 92 % sont de l’ethnie des Han et les 8 % restant à l’une des 55 minorités ethnolinguistiques. Le mot Han est le terme officiellement utilisé en Chine pour désigner «les populations ethniquement chinoises» (plus d’informations ici). Contrairement à l’Inde où l’on peut se sentir étouffé (trop d’habitants pour la superficie du pays), en Chine ce n’est absolument pas le cas.

Les principales valeurs socialistes (vu dans le métro de Guangzhou) : prospérité, démocratie, civilité, harmonie, liberté, égalité, justice, règles de droit, patriotisme, dévouement, intégrité et amitié.

Lorsque je regarde les fonctionnaires (beaucoup de jeunes et peu d’anciens), avec un regard extérieur, l’ambiance est détendue, ils sont souriants et toujours prêt à vous aider. Dans les stations de trains, il y a régulièrement de la publicité qui vante les services des employés au service des voyageurs avec de belles images : des employés et des clients souriants et heureux ; ça fait du bien (ce sont des valeurs en voie de disparition en France). Et pourtant, si l’on regarde l’histoire et les actualités sur le pays, régulièrement les faits montrent le contraire…

Chengdu

En général

Peu de temps après mon arrivée en Chine, lorsque j’ai parlé de mes motivations pour ce pays avec un voyageur (découvrir les cultures, les religions, rencontrer les habitants…), celui-ci m’a tout de suite « refroidi » en me disant : « ne te leurres pas, la Chine a beaucoup changé depuis 60 ans, tout ce que tu penses et en train de disparaître ». Et effectivement, l’idée que j’avais de la Chine, n’est plus celle d’aujourd’hui : je n’avais pas idée du développement du pays, qui n’a rien à voir avec l’Inde. Voici quelques remarques générales valables pour l’ensemble du pays et que j’ai constatés partout où je suis allé :

  • Le développement : pour soutenir la croissance, le gouvernement fait tout pour développer le tourisme, dans tous les recoins du pays, afin de doper la consommation. Pour cela, il investit massivement dans les transports routiers en construisant des tunnels, des ponts, des autoroutes, en élargissant les routes et si possible en ligne droite. Pour que chacun puissent être logé, des bâtiments sortent de terre en permanence même dans les villages reculés. Les anciennes constructions disparaissent au profit des constructions moches et modernes tout en béton. Donc, dans une ville, il y a toujours des gros travaux et trouver d’anciennes constructions devient de plus en plus difficile ;
  • Les transports : moderne et assez rapide, se déplacer est vraiment facile et de moins en moins fatiguant sur les grande distances avec les autoroutes et les trains rapides (250 km/h). Dans les villes, les lignes de métro se multiplient, permettant de les traverser en peu de temps en évitant la circulation. En contrepartie, ça coûte de plus en plus cher. J’ai dépensé plus d’argent dans les transports que pour me loger et me nourrir ;
  • La langue : la langue la plus parlée est le mandarin ; l’anglais est peu parlé. Les informations sont traduites en anglais pour les directions, les lieux culturels touristiques et les transports. Pour dialoguer, se nourrir, se loger et le reste, tout est en mandarin (sauf dans les lieux très touristiques et encore). J’ai donc utilisé un logiciel de traduction pour me faire comprendre. Si dialoguer avec un adulte est compliqué ; avec les jeunes c’est très facile, car ils savent utiliser un logiciel de traduction et écrire en translittéré ;
  • Le tourisme : c’est devenu une obsession, tout est fait pour dépenser un maximum d’argent. Il faut souvent payer une somme exorbitante (compte tenu du niveau de vie local) pour visiter le moindre petit endroit joli, spécialement pour admirer la nature, les lieux sacrés et les anciens villages. N’ayant pas de budget pour dépenser des sommes astronomiques, j’ai donc réduit drastiquement la liste des lieux à visiter et dépensé très peu d’argent (sinon les dépenses auraient dépassé celui des transports). Toutefois, si l’on sort des endroits touristiques, on peut tout à fait voir quasiment les mêmes choses gratuitement, à condition d’avoir du temps et de chercher par soi-même. Les Chinois payent exactement le même prix que les étrangers, ce qui me fait dire que l’accès à la culture est plutôt réservé aux riches chinois. Un point positif : certains musées publics des grandes villes sont gratuits (1 ou 2 seulement) ;
  • La consommation : bienvenue au « made in china ». Globalement, on retrouve la même chose que dans les pays développés, avec dans les villes, des magasins alignés à n’en plus finir, où tout est conçu pour vous faire dépenser, spécialement dans les supermarchés avec la technique Ikea (un parcours à suivre dans le style labyrinthe, ici sans possibilité de raccourci et sans panneau de sortie). Pour les produits hi-tech (smartphone, ordinateur…), les prix sont un peu moins élevés qu’en France ;
  • La liberté d’expression : c’est le sujet délicat. On peut parler de tout ce que l’on veut en privé, mais pas en public. Le moindre écart, la moindre petite critique envers le gouvernement et c’est les ennuis qui commencent. Si parler avec les habitants de la politique dans un pays que j’ai visité avant était facile, au Vietnam et en Chine les occasions ne se sont pas encore présentées. Les persécutions peuvent être d’ordre morale, administrative, matérielle, financière, économique ou bien physique.

Litang

Les religions

5 pratiques sont reconnues officiellement : le bouddhisme, l’islamisme, le protestantisme, le catholicisme et le taoïsme. Cela représente ~15% de la population (sur 1,37 milliard d’habitants). Les religions sont vues comme un pouvoir concurrent de l’Etat, mais le Parti n’a pas réussi à les éradiquer à son arrivée au pouvoir en 1949. Depuis la constitution de 1982 qui autorise la liberté de culte, le Parti tente d’imposer sa doctrine socialiste en obligeant par exemple les prêtres à suivre un cours obligatoire. Dernière trouvaille : obliger ceux qui sont engagés en religion (prêtres, imam, moines…) à avoir une carte d’exercice de culte.

  • L’église catholique : il n’y a pas d’église officielle ou clandestine, elle est officielle puisqu’elle est reconnue officiellement par le Parti. Toutefois, les désaccords portent sur la nomination des évêques : certains évêques sont reconnus par le Parti et par l’Eglise, d’autres uniquement par l’Eglise et d’autres uniquement par le Parti (7 évêques ont été ordonnés sans l’accord du pape). Pour être reconnu par le Parti, il est obligatoire d’être adhérent à l’association patriotique catholique chinoise, présidé par un évêque adhérent dans chaque province, qui représente le gouvernement pour la communauté catholique de la province. Quant à ceux qui ne sont pas adhérent, mieux vaut se faire discret ;
  • Le confucianisme : ce n’est pas une religion, mais le développement d’une pensée qui a imprégné et qui imprègne encore aujourd’hui la vie des Chinois, des Japonais et des Vietnamiens. Confucius (-551 -479) en est à l’origine, mais le confucianisme a beaucoup évolué avec le temps. Il a été officiellement banni en Chine au XXème siècle. L’histoire est un peu compliquée, vous trouverez des informations entre-autre ici, et  ;
  • Le taoïsme : c’est un autre courant de pensée contemporain du confucianisme, qui a évolué au fil du temps. Lao Tseu, un sage chinois, est considéré par les adeptes du taoïsme comme le père de celui-ci. Tout comme le confucianisme, le taoïsme est toujours présent dans la vie des Chinois, il est reconnu officiellement par le gouvernement.  L’histoire est aussi un peu compliquée, vous trouverez des informations ici et .

Malgré le changement économique et culturel qui transforme bien la Chine, ce n’est pas évident de découvrir son histoire. Toutefois, en évitant les endroits un peu trop touristiques, en prenant son temps et en parlant le chinois, il y a beaucoup de choses à découvrir sur ce pays multiséculaire, d’autant que l’on découvre régulièrement d’anciens sites archéologiques.

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