Vietnam – Visite de la région centre

Visite de la région centre (mardi 8 mars – dimanche 20 mars 2016)

Après ma visite de la région sud, j’ai entamé une lente montée vers le nord du Vietnam en bus car le train est 3-4 fois plus cher. J’ai donc alterné avec les bus locaux pour les courtes distances et les bus touristes pour les longues distances. Ce qui est bien avec les bus touristes, c’est qu’ils sont modernes, très bien entretenus et tous couchettes. Donc, de jour comme de nuit les passagers voyagent allongés soit au raz du sol (le rez de chaussé), soit en hauteur (le premier étage), un peu comme dans les trains à 2 étages. Les 2 inconvénients majeurs : il n’y a absolument aucune possibilité de rangement à l’intérieur du bus et les personnes de plus de 1,80 mètre dorment avec les jambes pliées…

Da Lat

A 310 km au nord d’Ho Chi Minh City, Da Lat a marqué ma première étape dans les montagnes avec du très beau temps (chaud et ensoleillé). C’est une ville touristique, il y a des hôtels un peu partout et la ville en elle-même est assez agréable. J’ai pu rencontrer sur place un volontaire des MEP et gouter à une des spécialités locales : une galette (qui ressemble plutôt à une feuille de riz) avec un mix de saucisses et de légumes dessus, cuit au feu. Une autre spécialité dont les vietnamiens raffolent : mélanger du café avec du lait concentré et des glaçons, puis déguster (je n’ai pas dégusté puisque je ne bois pas de café). Et pour les amoureux des boissons chaudes, ici on peut acheter des paquets de feuilles d’artichauts séchés à infuser !

Les lieux à visiter : en dehors des lieux de cultes qui sont gratuits, tout le reste est payant même pour aller voir un lac naturel. Pour me déplacer avec des dénivelés dans tous les sens, j’ai donc loué une motorbike et fait le tour de la région en une journée complète. En gros le paysage est assez joli et verdoyant, mais tout autour de la ville, c’est pollué par des centaines de serres qui abritent les cultures locales dont la fraise.

Les lieux visités

  • Nha Tho Chanh Toa Cathedral : je me suis contenté de l’extérieur. J’aurais bien voulu entrer mais la cathédrale a des horaires d’ouvertures assez restreintes (en gros ouverte durant les offices), alors que tous les autres lieux de cultes ont des horaires de visites élargis ;
  • Le domaine de Marie : le nom officiel est en Français. C’est un lieu dédié à la Vierge Marie, gardé par les sœurs de Saint Vincent de Paul ; où se trouvent des ateliers de coutures pour offrir du travail à des femmes en difficultés. Sur place, il y a un magasin d’artisanat qui propose des souvenirs, de la nourriture mais aussi des vêtements ainsi que objets pour le culte catholique. C’est ici que j’ai découvert les feuilles d’artichauts séchés à infuser dans de l’eau chaude ;
  • Tien Vien Van Hanh : temple bouddhiste perché sur une colline avec un bouddha doré qui surveille la ville ;
  • Linh Phuoc Pagoda : à 9,5 km à l’est, c’est un temple construit entre 1949 et 1952 à partir de débris de verre, de porcelaine et de bols en terre. Il a été rénové en 1990. L’architecture est assez impressionnante car elle ne ressemble en rien à tout ce que j’ai pu voir auparavant que ce soit pour la forme que pour la décoration : ça parait luxueux vu de loin mais quand on prend le temps de bien apprécier les choses, le côté qui parait luxueux s’estompe avec le temps, et offre un cadre vraiment propice à la méditation. A coté du temple se trouve une tour de 7 étages avec un bouddha au sommet ainsi qu’un autre lieu de prière en triangle avec un bouddha doré au milieu et des piliers richement décorés ;
  • Thanh Ta Da Lat : situé derrière Linh Phuoc Pagoda, se trouve un grand temple cao dai perché sur une colline. Bizarrement très peu de touristes viennent ici, alors que le site offre une belle vue sur les alentours et un magnifique temple à visiter. J’espère qu’un jour j’aurais l’occasion de discuter avec un religieux cao dai qui parle anglais ;
  • Thien Vien Truc Lam Pagoda : cette pagode se trouve perchée sur une colline à 6 km au sud de Da Lat, c’est un des lieux que tous les touristes vont visiter. Le jardin de 24 hectares est magnifique et le temple au centre a été construit dans le but de recréer l’esprit du bouddhisme zen durant la dynastie Tran (1225-1400). L’accès au temple se fait soit par la route, soit par un long téléphérique qui enjambe le relief accidenté et vous permet d’avoir une vue imprenable sur les alentours. En tout cas, si la traversée est impressionnante, la vue sur les alentours doit être assez limitée à cause du relief accidenté (je dis cela en ayant longé le tracé du téléphérique par la route).

Je n’ai pas visité les lieux payants touristiques à savoir les chutes d’eau, et 2 lacs aux noms assez pompeux : Thung Lung Tinh Yeu dit Valley of Love et le Lake of Sorrow. A 13 km à l’ouest, se trouve un grand lac Ho Suoi Vang (dit Gold Valley), l’entrée est forcément payant, mais j’ai tout de même fait un détour de plus de 7 km pour me retrouver sur la rive opposée et ainsi voir le magnifique lac.

Nha Trang

Nha Trang

Après la montagne, direction Nha Trang à 140 km de Da Lat, sur le bord de mer de la Chine du sud. C’est une grande ville moderne avec des kilomètres de plages de sable blanc propre ; rien à voir avec l’Inde. La ville est assez agréable, elle est apparemment régulièrement envahie par les russes à tel point que toutes les informations sont traduites en russe, mais apparemment presqu’aucun vietnamien ne parle cette langue. Et si vous leur posez la question de savoir pourquoi les informations sont en russe : ils n’en savent rien.

Station balnéaire oblige, le choix des hôtels ne manquent pas, cela va du dortoir à petit prix, aux hôtels super luxe pour des prix de folies avec une grande variété dans les formes et les couleurs des bâtiments. Ce que Cannes est à la France, Nha Trang est au Vietnam, mais sans le festival du cinéma. Pour ceux qui cherchent un peu la tranquillité comme moi, il y a la possibilité de visiter 2 ilots en plein centre ville. Pour le coté culturel, la cathédrale catholique du Christ Roi, perchée sur un monticule a été construite par les Français en 1933 et fait de la concurrence au magnifique temple bouddhiste (Chua Long Son) non loin mais ce n’est pas pour autant que les visiteurs viennent y prier. Et pour ceux qui veulent se divertir, il y a tout un parc d’attraction (Vinpearl) construit par un milliardaire vietnamien sur une île à 3,3 km des côtes. Pour s’y rendre, un téléphérique sur 9 piliers vous transporte au dessus de la mer ; il parait que c’est un des plus long dans son genre…

Hoi An

Hoi An

Après une nuit correcte dans un bus couchette, j’ai débarqué à 5h du matin à Hoi An à 490 km au nord de Nha Trang, sur le bord de mer ; c’est une des villes les plus visitées du pays. Hoi An est surtout réputé pour son ancien quartier et ses anciennes maisons jaunes bien préservées, la ville était un port marchand important du pays entre le XVème et le XIXème siècle ; le site est classé à l’UNESCO. Bien qu’il y ait beaucoup de touristes, le quartier n’a pas été défiguré : tout est très bien entretenu, les hôtels sont tous à l’extérieur et les boutiques sont petites et artisanales. De tout ce que j’ai pu visiter au Vietnam, c’est la première fois que je vois cela, sachant que d’une manière générale les vieux quartiers dans les villes sont assez rares. Pour financer le site, si l’on peut se promener librement dans les rues, un ticket est nécessaire pour visiter les temples et les maisons ouvertes au public. Pour sortir de la zone touristique, il y a la possibilité de se promener à proximité sur les iles de la rivière.

Pour aller à Duy Son, Ngu Hanh Son et Danang, j’ai loué une motorbike afin d’avoir la liberté et de prendre mon temps sur les lieux que je voulais visiter.

Duy Son

Duy Son

A Duy Son (à 18 km à l’ouest de Hoi An), se trouve le sanctuaire marial catholique d’Our Lady of Tra Kieu. Trouver des informations en anglais concernant les sanctuaires vietnamiens étant très difficiles, je reprends dans les grandes lignes un commentaire laissé par un visiteur sur Tripadvisor.

L’histoire : le 1er septembre 1885, l’armée Van Than de 3000 hommes encercla le village catholique de 900 habitants de Tra Kieu. Face à cela, le curé de la paroisse fit construire un mini sanctuaire à Marie et les fidèles y prièrent le rosaire afin de trouver la force de résister face à l’ennemi. Les habitants tenant bons pendant plusieurs jours, l’armée sortit les canons afin de bombarder l’église, mais un des comandants ayant aperçu la Vierge Marie, décida plutôt de la bombarder ; sans succès. Des soldats de l’armée aperçurent aussi la Vierge Marie et décidèrent de la bombarder pendant 2 jours ; sans succès. Le 21 septembre 1885, l’armée se prépara pour un assaut frontal. Devant cette menace, les habitants ont pris les devant pour attaquer l’armée. Durant l’attaque, l’armée n’a pas pu utiliser ses éléphants de guerre, à cause de ce qu’on vu les conducteurs d’éléphants : des milliers d’enfants habillés de blanc et de rouge ont fait irruption des bambous des alentours et se sont joins aux habitants. Au cours de la bataille, un des commandants fut tué, créant le désordre au sein de l’armée.

Au moment où je suis allé au sanctuaire, c’était très calme. La chapelle de la Vierge Marie est située au sommet d’une colline qui permet d’avoir une belle vue sur les alentours. A quelques dizaines de mètres de là, se trouve l’église de la paroisse.

Le sanctuaire se trouve à mi-chemin entre Hoi An et le site archéologique de My Son, les bus passent au pied du sanctuaire, mais peu de touristes prennent le temps de s’y arrêter…

Da Nang

Da Nang est situé à une vingtaine de kilomètres au nord d’Hoi An, sur le bord de mer. En soit la ville n’a pas grand intérêt, hormis la cathédrale catholique au centre, mais c’était surtout pour aller visiter un sanctuaire bouddhiste (Chua Linh Ung) perché sur les falaises à 10 km au nord-est et qui offre une belle vue sur le large.

En fait, en arrivant par la route côtière, on aperçoit de loin une grande statue blanche qui ressemble à la représentation que l’on fait habituellement de la Vierge Marie mais en y regardant de très près, il s’agit d’une statue représentant un bouddha sous la forme bodhisattva Avalokitesvara (le Seigneur qui regarde de haut). J’ai remarqué qu’au Vietnam, les statues étaient souvent féminisées, mais je n’ai pas encore compris pourquoi (oui, le bouddhisme est compliqué).

Un bodhisattva désigne un bouddha juste avant qu’il atteigne le stade de l’éveil, il est celui qui aide aussi les autres à progresser. Pour atteindre l’éveil, le bodhisattva doit traverser 52 niveaux. Ceux qui atteignent l’éveil, peuvent faire le choix de revenir dans le monde et aider les autres à progresser, ce qui est le cas d’Avalokitesvara.

Ngu Hanh Son

Ngu Hanh Son (Marble Mountains)

Le sanctuaire bouddhiste se situe à mi-chemin entre Da Nang et Hoi An, il est communément appelé les montagnes de marbre, parque qu’il est situé sur un pain de sucre en marbre. Un pain de sucre est un rocher qui émerge de la terre ou de la mer dans un paysage plat. Tout autour de ce pain de sucre, on trouve des dizaines de boutiques qui taillent le marbre et qui fabrique des objets en tout genre, surtout des statues de Bouddha en quantité impressionnante (je pense que c’est vendu dans tout le pays).

Pour accéder au sommet, il y a le choix entre des escaliers raides et un ascenseur. Une fois au sommet, il y a un petit circuit qui permet de découvrir des temples, des grottes dont une assez impressionnante, et d’avoir une vue superbe sur les environs. Le top pour les casses cou, est de monter au sommet du rocher soit en escaladant des rochers ou bien un escalier très raide et d’arriver au point le plus haut en face de la mer. De là, la vue est impressionnante, puisque l’on voit très bien le bord de mer et les nombreux pains de sucre tout autour. C’est assurément un lieu à ne pas manquer de visiter.

Hue

Hue

En arrivant à Hue à 123 km au nord d’Hoi An, on arrive tout près du 17ème parallèle qui a coupé le Vietnam en deux en 1954. Hue est une ancienne capitale impériale (1802-1945), qui comporte en son centre une ancienne cité fortifiée entourée d’eau où a vécu la dernière dynastie Nguyen royale du pays. Aujourd’hui, la cité est librement visitable ; à l’intérieur on découvre différentes maisons comportant toute un lieu de prières et des jardins bien entretenus. Par contre, la maison de maison de l’empereur (la cité pourpre interdite) a été rasée, mais il reste encore quelques bâtiments dont le théâtre royal. L’ensemble a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1993.

Pour compléter la visite de la cité impériale, il y a la possibilité de visiter les tombes de la dynastie Nguyen éparpillées ici et là dans et autour de Hue. En visitant les membres décédés de la dynastie, vous ne visitez pas une simple tombe, mais tout un complexe avec de magnifiques jardins autour des tombes. L’entrée de la citadelle est payante ainsi que la visite des tombes (100 000 dongs par tombe). Mais bon, comme je n’aime pas payer pour aller visiter une tombe, j’ai préféré visiter quelques cimetières bouddhistes librement accessibles et profiter un peu de la campagne environnante en vélo.

Phong Nha – Ke Bang National Park

Le parc national de Phong Nha – Ke Bang a été créé en 2001 et est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est situé à 220 kilomètres au nord de Hue, sur le côté ouest du pays, le long de la frontière avec le Laos. Le site est remarquable et exceptionnel de par le nombre de grottes qui s’y trouvent, dont certaines font plusieurs kilomètres de long. La longueur des galeries est estimée à 126 km. Il y a 3 grottes ouvertes aux visiteurs : Phong Nha Cave accessible uniquement en bateau (~190 000 dongs), Dark Cave et Paradise Cave (250 000 dongs chacune). Sinon, il y a la possibilité de faire le tour du parc en moto.
J’ai vu des photos et c’est vrai que c’est magnifique, mais devant le prix demandé juste pour visiter un espace naturel, j’ai refusé d’y aller. J’ai l’impression, que c’est la nouvelle poule aux œufs d’or du Vietnam (avec la baie d’Halong). Parce que la nature est magnifique et qu’elle appartient normalement à tout le monde, au Vietnam elle est réservée aux « riches ». C’est le ticket d’entrée le plus élevé pour visiter un site (que se soit pour un étranger ou un Vietnamien), mais je crois sincèrement qu’il est beaucoup trop élevé compte tenu du niveau de vie local. J’ai aussi remarqué, que dès lors qu’un site est classé à l’UNESCO, les prix flambent alors que le pays reçoit des subventions pour l’entretien du site (donc moins de dépenses d’entretiens pour le pays). Ca ne vous écœure pas ? Moi si.

Voir les photos de la région centre.

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