Inde – Visite de Delhi

Visite de Delhi (Dimanche 1er mars – Dimanche 8 mars 2015)

En poursuivant ma route vers le nord (à 300 km de Jaipur), je me suis arrêté à New Delhi afin d’honorer la capitale du pays et de continuer à marcher sur les pas de Mahatma Gandhi. New Delhi se trouve dans l’état de Delhi, la ville est presque un état à elle toute seule, on pourrait même dire que les petits villages avoisinant sont devenus des quartiers de la capitale. C’est une des 3 mégapoles du pays avec Mumbai et Calcutta, qui compte 16 millions d’habitants.

Pour y aller, et afin de me retrouver facilement au milieu de la mégapole, j’ai donc pris un train super luxe à 2 étages tout confort, comme dans les TGV de France, à… 500 roupies (la première fois que j’en vois un en Inde). En fait, en choix de train, j’avais celui-ci tôt le matin ou bien un autre 2h45 plus tard au tarif normal. Ne sachant pas comment aller se passer mon arrivée sur New Delhi, j’ai préféré payer plus cher et arriver le plus tôt possible.

Pour vous donner une idée : avec 500 roupies en deuxième classe, en tarif normal, on peut parcourir 1300-1700 km. Ne croyez pas qu’en prenant un train spécial super cher, vous irez plus vite. Le train ne dépasse pas les 100 km/h et est arrivé avec plus d’une heure de retard. Bref, gâcher mon argent dans de la prestation de service de luxe (ex. : repas à bord), c’est pour moi, plutôt mal vu dans un pays où la pauvreté est trop présente.

Mon arrivée sur New Delhi

Cela m’a rappelé mon arrivé en Inde, à Mumbai il y a 8 mois. La tactique pour ne pas se perdre et tourner en rond : cibler un quartier touristique qui offre toutes les commodités, être à côté d’un lieu très connu (monument, station de train, place…) et repérer l’office du tourisme avant de débarquer dans la ville. New Delhi est assez facile pour cela : il y a le quartier à côté de la gare de train New Delhi, et le quartier à côté de la gare de train Old Delhi. Me concernant, je suis resté à côté de la gare de train New Delhi, qui à l’avantage d’être à 2 km seulement de la cathédrale catholique. Pour se loger, pas de soucis, des rabatteurs vous font pleins de propositions, il suffit de bien négocier.

Le centre de New Delhi est assez agréable à vivre, il y a certes beaucoup de circulation, mais la voirie est dans l’ensemble très bien entretenue avec de larges trottoirs. Les rues sont très propres, le paysage urbain agréable avec beaucoup d’espaces verts. Si je souligne cela, c’est qu’à Mumbai, c’est loin d’être le cas. Le petit quartier du Old Delhi est quant à lui vraiment vieux, de dirais même délabré. Les bâtiments sont noirs, les rues sont sales et étroites, la circulation dense et pour arranger le tout, la rue principale Chandni Chowk est en travaux. Pour ce qui est des quartiers éloignés du centre, je ne les connais malheureusement pas, tout ce que j’ai pu voir en arrivant et en partant de la ville en train, c’est de toucher un peu à la pauvreté en traversant des bidonvilles…

New Delhi

Les transports en communs de la ville

Il y a tout un réseau de bus moderne comme en France (cela n’existe presque pas dans le reste du pays, peut-être à Calcutta). Le ticket s’achète dans le bus auprès du vendeur assis au fond du bus. On entre par la porte arrière, et l’on sort par celle de devant. Coût du ticket : 5 roupies pour 4 km et 10 roupies jusqu’à 10 km en bus vert non climatisé, le double en bus rouge climatisé.

Concernant le métro, il se développe vite et bien, la première ligne a été ouverte en 2002, il y a en 6 aujourd’hui, et 3 en chantier, le tout à la pointe de la technologie. On retrouve le même genre de train que ceux de la ligne 1 à Paris avec un conducteur. Ici pas de ticket, New Delhi est la première ville au monde à utiliser des jetons magnétiques. Le vendeur crédite le jeton d’une somme qui permet de se rendre à la station demandée. A la sortie du métro, on insère le jeton dans le portique qui le garde et vous laisse sortir. Pour les habitués, il y aussi la carte magnétique sans contact. Bref, le métro est clairement la fierté des ingénieurs indiens, qui le développent dans les grandes villes (ex : Bengaluru, Ernakulam, Chennai, Jaipur, Amritsar, Kolkata…). Pour ce qui est de l’esthétique et de l’intégration dans le paysage urbain : c’est moche, c’est du béton brut. En fait, une ligne de métro aérienne est toujours construite au dessus d’une large rue, y compris la station : tout est perché sur des piliers. Quant aux habitations à proximité, certaines peuvent se retrouver à 2 mètres d’un pilier ou du tablier. J’ai même vu à Jaipur, un hôtel légèrement rogné sur un angle à cause du tablier…

New Delhi

Quelques lieux que j’ai visités

Je ne les citerais pas tous ici, tant ils sont nombreux. Avant d’arriver à Delhi, j’avais pointé sur mon gps tout ce qu’il y avait sur mon guide touristique numérique, afin d’avoir une vue d’ensemble et établir les itinéraires. Le soir même de mon arrivé, j’ai perdu pour la deuxième fois mon smartphone en marchant ; impossible de remettre la main dessus. J’en ai donc acheté un nouveau et j’ai du tout repointer sur le gps. Pour vous rassurer, je n’ai rien de précieux sur le smartphone et vous ne recevrez pas de courriels indésirables puisque je ne stocke aucune adresse dessus.

  • La mosquée Jama Masjid : troisième plus gros mosquée au monde après celle de la Mecque (Arabie Saoudite) et de Lahore (Pakistan), elle a été construite entre 1650 et 1656 à la demande de l’empereur moghol Shah Jahan. Elle est toujours en activité. L’entrée est gratuite, pour prendre des photos c’est… 300 roupies. Ici, par définition, un touriste à toujours sur lui un appareil photo, donc il est obligé de payer. C’est impossible d’entrer avec un appareil photo sans prendre de photo, il faut le laisser à l’extérieur (à l’hôtel, dans le car…) et il n’existe pas de consigne. Quant au sac à dos, il est présumé contenir un appareil photo, à moins de prouver qu’il n’y en a pas à l’intérieur. Bref, c’est très difficile pour un touriste d’entrer sans donner des sous à l’Islam. Fidèle à ma sainte règle, j’ai évidemment refusé de payer et je n’ai pas pu entrer. Déjà au Rajasthan, il fallait payer pour visiter des temples jaïns, mais au moins on pouvait discuter librement du sujet. Ici, tu payes ou tu pars, mais pas le temps de discuter ; les gardiens musulmans n’ont qu’une obsession en tête : encaisser l’argent… Tout ce que je dis est véridique. J’ai été vraiment surpris de cela, je suis donc repartit avec une impression très négative de ce lieu et de la religion musulmane.
  •  Lal Qila : appelé aussi le fort rouge, il est inscrit au patrimoine de l’Unesco. Il a été construit au XVIIème sous le règne de Shah Jahan, 5ème empereur moghol d’Inde, il représente l’apogée de la créativité moghole. Il s’en est servit comme lieu de gouvernance. Le nom vient du fait que les remparts sont en grès rouge. C’est en ce lieu, que le premier drapeau indien a été levé le 15 août 1947, jour de l’indépendance de l’Inde.
  •  Le Raj Ghat : situé au sud de Lal Qila, c’est dans ce grand jardin qui abrite les monuments funéraires des grands personnages de la république indienne, que Mahatma Gandhi a été incinéré en 1948 (il était hindou), une flamme reste allumée en permanence (comme pour la tombe du soldat inconnu à Paris) pour marquer sa mémoire. Pour rappel, il est né à Porbandar dans le Gujarat en 1869.
  •  Le musée national de Gandhi : à côté du Raj Ghat, c’est un magnifique musée où sont exposés entre autre des objets ayant appartenu au père de la nation. Il vaut vraiment le détour pour qui veut connaître sa vie. Le musée abrite l’arme qui a servi à tuer Gandhi, ainsi que son vêtement tâché de sang. Entrée gratuite.
  •  Le Ghandi Smriti musuem : un autre musée sur Gandhi qui vaut lui aussi le détour. Il complète le musée national de Gandhi. Ce musée retrace surtout la vie historique de Gandhi avec des textes et des photos. Le musée abrite aussi la pièce où il a passé les dernières heures de sa vie avant d’être assassiné le 30 janvier 1948. Entrée gratuite.

New Delhi

  •  La maison d’adoration bahá’íe : au sud-est de New Delhi, et plus connue sous le nom de « lotus temple », le bâtiment a effectivement la forme d’un lotus. C’est juste une pièce vide avec des sièges pour prier en silence. Il fait parti des « 7 édifices érigés dans les différentes parties du monde pour adorer le Créateur de l’Univers et exprimer l’amour entre Dieu et l’homme. La foi bahá’íe est une religion mondiale et indépendante, divine dans son origine, universelle dans son envergure, immense dans sa perspective, scientifique dans sa méthode, humanitaire dans ses principes et dynamique dans l’influence qu’elle exerce dans les cœurs et l’esprit des gens. Elle soutient l’unité de Dieu et l’unicité de ses prophètes et enseigne le principe de l’unité et l’union de la race humaine tout entière. » La foi bahá’íe  est née d’un homme Perse, nommé le Báb (1819-1850), qui le 23 juin 1844 déclara qu’il était l’annonciateur de la venue d’un nouveau messager spirituel. Il mourut persécuté et martyrisé en 1850. En 1853, Bahá’u’lláh (1817-1892), ayant embrassé la foi bahá’íe, eu la révélation d’être celui promis par le Bab. Il le déclara publiquement à Bagdad en 1863. Il révéla des milliers d’écrits inspirés, qui constituent avec les écrits de Báb l’étendue d’Ecriture sainte de la foi bahá’íe. Dans son testament Bahá’u’lláh désigna son fils ainé Abdul’-Bahá (1844-1921) comme le guide de la communauté bahá’íe et la seule personne autorisée à interpréter ses enseignements. Cette religion est reconnue par l’ONU en 1948, et est présente dans plus de 360 pays. C’est une maison de prières exclusivement en silence et les visiteurs sont guidés par des bénévoles.
  •  La cathédrale du Sacré-Cœur : ici, 3 messes par jour en semaine et 5 le dimanche, avec adoration du Saint Sacrement tous les matins sauf le dimanche ! La cathédrale est en pierre rouge, ce qui est assez surprenant dans la ville, mais elle offre un cadre agréable pour prier.
  •  Le temple sikh Bangla Sahib : situé presqu’en face de la cathédrale du Sacré Cœur, il a été construit en 1664 en souvenir de la visite du huitième gourou Harkrishan. C’est le plus grand temple sikh de la ville, qui abrite aussi un bassin. Ici ça prie et ça chante du matin au soir. Il y a aussi un petit musée gratuit pour découvrir le sikhisme.
  •  Le Rashtrapati Bhawan : c’est le nom du palais présidentiel. Ce sont les quartiers du président de la république, ainsi que tout un ensemble de bâtiments pour les différents ministères et la garde du président. Le tour du quartier présidentiel fait 5 km. On peut tout à fait entrer dans le quartier, mais on ne franchit pas la grille qui garde le palais présidentiel. Le jardin moghol, situé derrière le palais est ouvert au public. Ici, pas de plan vigipirate, je n’ai vu que quelques gardes postés aux différentes portes d’entrées.

Les lieux que je n’ai pas voulus visiter pour des raisons éthiques

Ceux où il faut payer pour visiter des monuments funéraires et/ou entretenir le patrimoine cultuel islamique : la mosquée Qala-Kuhma Masjid, la tombe d’Humayun (classée au patrimoine de l’Unesco !), le Qutub Minar, la mosquée Begumpur et le mausolée de Safdarjang. Le gouvernement indien fait payer cher les touristes pour entretenir ce patrimoine cultuel, qui vu de l’extérieur est vraiment magnifique. Le hic : payer pour entretenir et prier devant les tombes de saints soufis persécuteurs (musulmans donc) est vraiment maladroit (pas de business avec les défunts) et payer pour entretenir le patrimoine cultuel d’une religion qui persécute les hommes et détruit le patrimoine des autres est malvenue pour moi ces temps-ci. Alors, non je ne suis pas un bête touriste qui dépense son argent pour soutenir, même indirectement et même si l’architecture des bâtiments est exceptionnelle, une communauté qui persécute les autres à longueur de temps.

En conclusion

Je suis resté à New Delhi une semaine, sans tout visiter. Les distances pour se rendre d’un lieu à un autre sont important, et heureusement que le métro est là. Cela dit, j’ai aussi beaucoup marché à pied, pour éviter de prendre les rickshaws. J’ai été agréablement surpris de visiter au moins le centre ville très agréable et de marcher sur les pas de Mahatma Gandhi. J’espère que j’aurais l’occasion un jour d’aller dans la périphérie toucher la vraie vie locale, là où sont les familles pauvres.

Voir les photos de Delhi.

Voir la carte des lieux à visiter à New Delhi.

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2 Commentaires "Inde – Visite de Delhi"

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Sébastien du Laurens
Invité

Hello Marc, pour encore pour tous ces reportages, j’espère que tu vas bien, je pense bien à toi. Seb