Inde – Conseils pour visiter l’Uttarakhand

L’Uttarakhand est un état de l’Inde situé dans le prolongement ouest du Népal, avec de la plaine dans la moitié sud et la chaine des Himalayas pour la moitié nord. C’est dans cet état que le Gange, fleuve le plus sacré d’Inde, prend sa source. C’est un des états que je préfère et dont vous ne serez jamais déçu par la beauté des paysages, ni par les lieux que vous visiterez.

Toutefois, voyager dans les montagnes de cet état n’est pas sans risque, loin de là. Je vais donc vous donner des conseils issus de mon expérience personnelle dont personne ne parle. L’objectif n’est pas de vous faire peur, mais de vous faire prendre conscience de certaines réalités importantes afin que vous sachiez à quoi vous attendre.

Cet article vient en complément de celui où je vous donne de mes nouvelles de ma visite dans l’Uttarakhand.

Les meilleurs moments pour visiter

  • En plaine : de mi-septembre à mi-juin lorsqu’il n’y a pas la mousson. Sinon les températures montent facilement à plus de 30°C et le taux d’humidité peut atteindre les 100%.
  • En montage : de mai à mi-juin et de mi-septembre à octobre. Les sanctuaires au fin fond des Himalayas sont fermés de novembre à avril à cause de la neige.

La valley of flowers : le meilleur moment est de mi-juillet à mi-août, sachant que le pic de floraison est les quinze premiers jours d’août. L’entrée est de 600 roupies pour les étrangers et de 150 roupies pour les Indiens, pour 1-2-3 jours. Vous trouverez des informations sur le site internet de Blue Poppy Holidays.

La fragilité des montagnes et des infrastructures

Ce coin de la chaine des Himalayas est très très fragile, à la moindre petite pluie vous aurez droit à des glissements de terrains (des pierres qui vous tombent dessus) et des morceaux de routes s’effondrer. Je ne vous recommande pas de vous déplacer ni à pied, ni dans un véhicule par mauvais temps ; c’est (pour l’avoir vécu et vu de mes yeux) dangereux. Ce que je viens de dire est applicable partout en montagne, surtout sur les derniers kilomètres pour atteindre les sanctuaires.

Route Joshimath-Badrinath

La sécurité

C’est une réalité que j’ai découverte sur place et qui m’a été confirmé de vive voix par un Indien : le gouvernement ne garantira jamais votre sécurité, tout ce que vous faites est à vos risques et périls. La seule chose que « garantie » le gouvernement (c’est moi qui le dit), c’est de tout faire pour rouvrir un accès rapidement quel qu’il soit, même si vous devez mettre votre vie en danger pour avancer.

Que l’on évacue des visiteurs bloqués dans un village en prenant quelques risques limités, je peux comprendre mais que l’on permette à des visiteurs d’en prendre pour rejoindre ces villages pour des critères purement économiques : non ! Pourquoi ne pas attendre 2 jours que les choses reviennent à la normale ?

En 2013, les nombreux glissements de terrains ont fait plus de 5000 morts et c’est le chemin qui va de Gaurikund à Kedarnath qui en souffre le plus.

Par critère économique, entendez par-là : route fermée = plus de visiteurs (d’autant que c’est la saison des pèlerinages) = paralysie de l’économie locale = plus d’argent pour le gouvernement. Car oui, tout est une question d’argent et cela se fait au détriment de votre sécurité.

Sachez aussi que les filets de protections pour contenir les chutes de pierres et les glissements de terrains n’existent pas. Si la route est effondrée, on creuse simplement un peu plus dans la falaise pour rouvrir un accès sans consolider la zone ; la falaise s’en trouvant alors un peu plus fragilisée.

Et aussi, certains chauffeurs roulent comme des fous tout en évitant les pierres sur la route. Les routes de montagnes sont étroites et sinueuses et par 2 fois mon bus (de Janki-Chatti à Dehradun) à failli avoir un choc frontal avec une voiture… Les chauffeurs de jeeps sont par contre très prudents.

L’information

Etre bien informé, c’est aussi assurer sa sécurité surtout en montagne. En France, on en arrive parfois à être surinformé sur un événement local même en habitant à des centaines de kilomètres. En Inde, c’est tout le contraire : par défaut personne ne sait rien ou quasiment rien sur ce qui se passe à quelques kilomètres (voire mètres) autour de lui. Et lorsque quelqu’un vous répond rapidement, allez demander à plusieurs autres personnes afin de trouver l’information qui vous intéresse dans la variété des réponses qui vous seront faites !

L’astuce pour avoir l’information la plus fiable : se renseigner auprès des agents publics (de police, de bus, de train, à l’office du tourisme…) sur place, bien évidemment.

Ex. : La veille de mon trajet (Rishikesh-Badrinath), un morceau de route s’est effondré 10 km après Joshimath (35 km avant Badrinath). Et bien, certains visiteurs venus de loin qui n’avaient que quelques jours pour aller à Badrinath ne pouvaient pas attendre 2 jours supplémentaires que la route soit rouverte. Ils sont donc reparti en ayant parcouru 500 km pour rien.

Ex. : Pour repartir de Badrinath, un chauffeur de bus criait « Haridwar, Rishikesh ». En entendant cela, je me disais que la route était complètement rétablie. En fait non, il m’aurait déposé juste quelques kilomètres plus loin puisque la route était toujours barrée. Mais ça il ne vous l’aurait pas dit…

Bref, il faut quasiment se trouver sur place et parfois se trouver devant le fait accompli pour comprendre les choses. Et ne comptez pas sur quelqu’un pour vous prévenir si vous risquez de mettre votre vie en danger. Ce n’est pas que les Indiens soient de mauvaise volonté, c’est leur culture.

Carte de l'Uttarakhand

Se déplacer

Pour aller dans les montagnes depuis la plaine, 2 lieux de départs : Dehradun et surtout Rishikesh. Les bus ne circulent que de jour, d’où un départ aux aurores pour les longs trajets. Vitesse moyenne du bus : 30 km/h !

Vous ferez donc de longues heures de bus que je ne j’ai jamais trouvées longues puisque, je ne me suis jamais lassé de contempler les paysages. Sinon pour remplacer les bus, vous pouvez faire les trajets en jeeps ou en hélicoptère. Il y a la possibilité de découper son trajet en plusieurs fois et de vous arrêter aux villes carrefours pour dormir.

Dans tous les cas, prévoyez de la marge dans votre emploi du temps, car il y aura toujours des imprévus.

Les axes routiers verticaux :

Il y a 1 seul bus le matin dans les 2 sens qui fait l’intégralité du trajet (départ entre 5h et 6h).

Il y a 2-3 bus en plus le matin dans les 2 sens qui s’arrêtent à la dernière grande ville avant le sanctuaire (départ entre 5h et 6h). Pour compléter le trajet, prendre les bus locaux ou les jeeps.

  • Rishikesh – Srinagar – Rudraprayag – Joshimath (10h) – Govind-Ghat (11h) – Badrinath (12h)
  • Rishikesh – Srinagar – Rudraprayag – Gaurikund (Kedarnath)
  • Rishikesh – Chamba – Dharasu-Bend – Uttakarshi – Gangotri
  • Rishikesh – Dehradun – Barkot – Janki-Chatti (Yamunotri)
  • Dehradun – Barkot (5h30) – Janki-Chatti (Yamunotri) (7h30)

L’axe routier horizontal :

Il y a 1 seul bus le matin dans les 2 sens qui fait Uttarkashi – Srinagar. Et je pense par déduction un autre dans les 2 sens qui fait Barkot – Srinagar. Il n’y a pas de bus direct qui va d’un sanctuaire à un autre, vous êtes obligé de prendre plusieurs bus.

Il n’y a qu’une route qui relie les axes routiers verticaux pour aller de Janki-Chatti / Gangotri à Gaurikund / Badrinath :

  • Barkot – Dharasu-Bend – Chamba (6h) – Theri (6h30) – Gadolia – Srinagar (10h)
  • Uttarkashi – Dharasu-Bend – Chamba (4h) – Theri (4h30) – Gadolia – Srinagar (8h)

Les zones particulièrement dangereuses :

  • La portion de route entre Joshimath et Badrinath ;
  • Le chemin entre Gaurikund et Kedarnath ;
  • La portion de chemin entre Bhojbasa et Tapovan (4 km après Gaumukh).

Mon circuit

  • 26-28/06/15 : Rishikesh – Joshimath : 11h, 253 km et 340 roupies ;
  • 28-30/06/15 : Joshimath – Badrinath / Mana : 45 km et 120 roupies ;
  • 30/06-02/07 : Badrinath – Govind-Ghat : 25 km et 70 roupies ;
  • 02-04/07/15 : Govind-Ghat – Ghangaria : 10 min en hélicoptère, 14 km et 2500 roupies (au lieu de 3200) ;
  • 03/07/15 : Ghangaria – Shri Hemkunt Sahib temple – Ghangaria : 2h30 de marche et 1h30 de marche ;
  • 04-05/07/15 : Ghangaria – Govind-Ghat – Joshimath : 3h30 de marche et 14 km puis 25 km en camion et 40 roupies ;
  • 05-06/07/15 : Joshimath – Srinagar – Theri : 5h, 150 km et 220 roupies puis 3h15, 60 km et 120 roupies ;
  • 06-07/07/15 : Theri – Uttarkashi : 4h30, 122 km et 280 roupies ;
  • 07-08/07/15 : Uttarkashi – Gangotri – Bhojbasa : 4h30, 98 km et 140 roupies puis 4h et 14 km de marche ;
  • 08-09/07/15 : Bhojbasa – Gaumukh – Gangotri : 1h et 5 km de marche puis 3h20 et 19 km de marche ;
  • 09-10/07/15 : Gangotri – Uttarkashi – Barkot : 4h, 98 km et 200 roupies puis 4h, 82 km et 120 roupies ;
  • 10-11/07/15 : Barkot – Janki-Chatti – Yamunotri – Janki-Chatti : 2h, 42 km et 100 roupies puis 1h45 et 5 km puis 1h10 et 5 km ;
  • 11-12/07/15 : Janki-Chatti – Dehradun : 7h30, 168 km et 220 roupies.

Je ne suis pas allé à Kedarnath puisque le chemin était fermé à cause des glissements de terrains. Seule solution : l’hélicoptère (Phata – Kedarnath) à 7000 roupies l’aller-retour. Beaucoup trop cher pour mon budget.

Gaumukh

Les chemins

Govind-Ghat – Ghangaria :

14 km, +1500 m. La montée est progressive sur les 10 premiers kilomètres (500 m) puis que des marches ombragées à monter sur les 3 derniers kilomètres (1000 m). Le chemin est quasiment bétonné de bout en bout ; vous trouverez des fontaines et de quoi vous restaurer sauf sur les 3 derniers kilomètres. Au kilomètre 9 le chemin effondré est remplacé par un chemin en pierre et vous aurez à traverser un petit pont fraichement construit. Compter 4h30-5h pour monter et j’ai mis 3h30 pour descendre.

Ghangaria – Shri Hemkunt sahib temple :

5 km, +1000 m. La montée est assez raide, le chemin est partiellement bétonné. Attention : si vous êtes à l’ombre au petit matin, vous marcherez en plein soleil à partir de 10h. Vous trouverez 2-3 lieux pour vous restaurer mais pas de fontaine. A 4000 m, le terrain peut-être glissant à cause de la neige ; un bâton est plus que recommandé. Et enfin, les hommes pourront se baigner dans le lac. N’oubliez donc pas le maillot de bain. J’ai mis 2h30 pour monter et 1h30 pour descendre.

Gangotri – Bhojbasa – Gaumukh – Tapovan :

Rappel : ce chemin est vraiment dangereux par temps de pluie. L’entrée est de 600 roupies pour les étrangers et 150 roupies pour les Indiens pour 1-2-3 jours. A l’entrée du parc, on vous demandera d’écrire noir sur blanc que vous allez à Gaumukh à vos propres risques. Par défaut, on ne vous donnera aucune information sur la dangerosité du chemin, d’autant qu’il n’y a aucune information écrite.

19 km, +700 m. La montée est tellement progressive que l’on a l’impression de marcher sur du plat. Le seul lieu pour dormir est Bhojbasa à 14 km ; arrêtez-vous donc là et reposez-vous. Jusqu’ici pas de danger particulier. J’ai mis 3h pour monter.

De Bhojbasa à Gaumukh (5 km) : vous aurez à traverser un ruisseau à fort débit, pied nu (à moins de tremper vos chaussures) et sur des pierres glissantes. Vous mettez donc votre vie en danger puisque le gouvernement ne fait rien pour sécuriser le passage (ex. : un pont). Vous traverserez aussi des zones sujettes à des glissements de terrains. Arrivé à un petit temple hindou, vous serez à Gaumukh ; mais rien ne l’indique. J’ai mis 1h pour y arriver.

De Gaumukh à la source : vous entrez dans une zone dangereuse, le chemin n’existe plus à cause des glissements de terrains permanents. A tout moment une pierre peut vous tomber dessus même par beau temps. La source située 500 m après Gaumukh est visible de loin, vous ne la regarderez que de haut mais vous ne pourrez pas vous en approcher. Un guide est recommandé. Compter 20 min en connaissant le chemin.

De Gaumukh à Tapovan : guide obligatoire pour faire les 4 derniers kilomètres en zone dangereuse car le chemin n’existe pas. Je n’ai pas fait ce trajet, mais il y a la possibilité de dormir sur place (7 personnes y vivent).

Janki-Chatti – Yamunotri :

5 km, +600 m. Si les 2 premiers kilomètres sont relativement plats, les 3 derniers sont assez raides. Le chemin est complétement bétonné, vous trouverez de quoi vous restaurer ainsi que des fontaines. Les hommes pourront se baigner dans la source d’eau chaude sous le temple. N’oubliez pas de prendre le maillot de bain. J’ai mis 1h45 pour monter et 1h10 pour descendre.

En conclusion

Plutôt que de garder pour moi toutes ces informations, j’ai préféré vous les partager. Sympa, non ?

J’espère que cet article vous aidera à bien préparer votre visite dans cet état que j’aime beaucoup. 🙂

Si vous des choses à dire, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

Lire les nouvelles de ma visite de l’Uttarakhand.

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