Conseils pour préparer un trek autour des Annapurna au Népal

Préparer un trek de loin dans un pays étranger auquel on n’y connait rien, n’est vraiment pas évident. En étant en Inde, j’avais déjà pensé à faire ce trek et j’ai essayé de glaner un maximum d’informations sur internet. Au final, les informations qui m’ont le plus aidé, fut celui d’un randonneur qui raconte sur son blog son aventure au jour le jour.

Je vous donne dans cet article des conseils pour préparer votre trek autour des Annapurna (valable aussi pour les autres treks) et vous pourrez suivre mes aventures dans cet article. Les prix indqués sont ceux de 2015.

Pour taire des craintes que l’on peut avoir :

  • le circuit autour des Annapurna est nettement plus facile que de faire le GR20 Corse ;
  • le circuit ne présente pas de difficultés particulières (hormis quelques passages à fort dénivelé) à celui qui a l’habitude de marcher ;
  • il y a tout le confort sur le circuit, avec des logements et des restaurants à intervalles très réguliers ;
  • oui c’est possible de le faire seul, sans porteur, ni guide et sans l’aide d’une agence de voyage. Je dis cela sachant que le circuit est très fréquenté (sauf en basse saison) et que l’on se retrouve rarement seul. Le seul passage délicat du circuit est celui du col de Thorung la Pass, qui peut éventuellement justifier un guide.

La mise en garde : c’est un trek de haute altitude (> 3500 mètres), aussi il n’est pas rare que survienne le mal aiguë des montagnes. Ce n’est pas systématique, mais cela peut arriver.

Tatopani

La préparation du trek

Les achats : pas de stress si vous oubliez quelque chose en partant, vous trouverez votre bonheur dans le quartier pour les touristes de Lakeside à Pokhara et de Thamel à Katmandu : magasins de sport, d’alimentation, des pharmacies, des médecins, des librairies… A moins de négocier drastiquement les prix, ce sont par défaut les mêmes qu’en France pour des produit identiques (et un niveau de vie au Népal largement inférieur à celui de la France). Sachez que les copies North Face sont présentes partout ; les vendeurs parlant simplement de différentes qualités de fabrication (attention au passage en douane).

Louer du matériel : au lieu d’acheter du matériel pour ne s’en servir que très peu, il est tout à fait possible de louer du matériel sur place. C’est ce que j’ai fais en louant un sac de couchage d’hiver (~75 roupies).

Le sac à dos : le plus léger possible, 50 litres est suffisant. Certains Népalais ont même fait le trek avec un sac à dos de 20 litres, en ne prenant pas de sac de couchage (voir ci-dessous).

Le sac de couchage : de différentes sources, il est recommandé d’en prendre un adapté à la saison (-10 à -20°C). Certains ont fait le pari de ne pas en prendre, sachant qu’ils allaient trouver des couvertures. Ce n’est pas forcément vrai en haute saison. Les premiers arrivés sont les premiers servis et les couvertures peuvent manquer (source d’un Français travaillant dans une agence de voyage).

Les chaussures : globalement, la qualité est moins bonne qu’en France et vous ne trouverez pas vraiment de grandes marques connues. Achetez donc vos chaussures de marche en France. Pour des chaussures légères, les modèles vendus au Népal suffisent.

Les bâtons de marche : personnellement j’en utilise toujours deux. L’expérience que j’ai de la randonnée, montre toujours que des bâtons m’ont évité bien des chutes et permis de traverser bien des endroits facilement qu’il aurait été quasi-impossible de traverser sans bâton (ex : le cours d’eau d’une rivière entre Muktinath et Jomsom). Et cela est d’autant plus vrai en montagne. Cela dit, les connaisseurs du terrain du terrain (guides et porteurs) le font sans bâton. Coût d’un bâton de marche premier prix au Népal : à partir de 400 roupies.

La pharmacie : ultra simple me concernant : quelques pansements, du sparadrap, quelques compresses désinfectantes, du paracétamol, quelques cachets de Diamox (au cas où), de Lopéramide et des pastilles Micropur. Au moindre doute, demandez conseils à un médecin népalais. Pour éviter de payer le prix touriste (30% plus élevé), allez dans les pharmacies en dehors du quartier touriste.

Utiliser les services d’un porteur : j’ai vu sur le chemin des (jeunes et des moins jeunes) porteurs porter jusqu’à 40 kg. Face à la pénibilité du service rendu, ce sont certainement ceux qui ont le plus de mérite sur ce trek et que j’ai le plus admiré et prié. De différentes sources, un porteur gagne autour de 1000 roupies par jour, ce qui est peu comparé au service rendu. Prenez soin de la santé de votre porteur en ne surchargeant pas de choses inutiles. Sur le trek, vous pouvez faire appel à tout moment à des porteurs, il suffit de se renseigner dans les villages.

Utiliser les services d’un guide : j’ai aussi vu des guides sur le chemin, cela a rassuré certains trekkeurs d’être guidé. Je n’ai pas conseil particuliers à vous donner. Mon retour d’expérience : je n’ai jamais senti la nécessité d’avoir un guide sauf pour le passage du col de Thorung la Pass. En effet, le balisage pour la traversée du col n’est pas top, surtout lorsque l’on ouvre le chemin le matin. Le passage se faisant toujours en groupe, j’ai donc suivi un groupe avec un guide.

Tal

Le contenu de mon sac à dos

Pour faire rapide : mon sac à dos de 75 l au 3/4 rempli (50 litres est suffisant), 2 bâtons de marche, 1 sac de couchage, 2 T-shirt, 2 pantalons, 3 paires de chaussettes, 3 slips, 1 paire de chaussures de marche, 1 paire de sandale, une polaire, 1 coupe vent, 1 vêtement qui me couvre ainsi que mon sac à dos de la pluie (ou de la neige), 1 sur-pantalon, 1 chapeau, des lunettes de soleil, 1 petite trousse à pharmacie et de toilette, 1 fil à linge, des pinces à linge, de la crème solaire, de l’anti-moustique (non utilisé), 2 bouteilles de 1L, 1 boite en plastique, 1 cuillère, 1 canif, 1 lampe de poche, 1 appareil photo, 1 téléphone portable (smartphone avec GPS).

Pour affronter l’hiver, en plus : un sous vêtement chaud haut et bas, des gants, un bonnet ainsi qu’un sac de couchage adapté à la saison (-5°C pour celui que j’ai loué).

Pour garder de l’énergie en chemin : 1,5 kg de Snickers et de Twix (2 par jours).

Poids total de mon sac à dos : je n’en sais rien, je ne l’ai pas pesé. Je pense autour de 12 kilos tout compris.

Annapurna

Arrivée au Népal

Acheter une carte du circuit : ne pas savoir où l’on se trouve exactement est d’une très grande imprudence, surtout si vous vous perdez. Parfois sur le circuit, il y a des balises, parfois il n’y en a pas. Cela dit, ce n’est vraiment pas difficile de trouver le chemin (cherchez les traces de pas). La règle sur un carrefour sans indication, est de continuer tout droit.

Acheter obligatoirement le permis d’entrée pour entrer dans la zone de conservation des Annapurna (2000 roupies) et s’inscrire au service TIM (20 dollars américains payable en roupies au taux du jour) à Pokhara ou à Kathmandu. 4 photos d’identités sont nécessaires. Faites-vous des photos les moins chères possibles (200 roupies les 4 photos à Pokhara, imprimées avec du jet d’encre sur du papier photo), avec une qualité médiocre, c’est largement suffisant.

Laisser ses affaires non utilisées en trek à la consigne : quasiment dans tous les lieux d’hébergements, il y a la possibilité de laisser ses affaires gratuitement. Si vous laissez des objets de valeurs, sécurisez votre sac.

Pour rejoindre le début du circuit à Besisahar : vous avez le choix entre les bus locaux (sans réservation), des minibus ou des tourist bus (avec réservation d’un jour en avance au minimum). Les départs se font de Pokhara ou de Kathmandu. Un trajet Pokhara-Besisahar : 250 roupies en bus local, 500 roupies en minibus. Un trajet Kathmandu-Besisahar : 450 roupies en bus local.

Kalopani

Durant le trek

Les villages : tous les 2 à 7 kilomètres il y a un village vous proposant logement et restauration. N’emportez que le minimum en nourriture et en eau (2 litres maximum), les prix en montagne étant nettement plus élevés qu’en ville, j’ai juste emporté avec moi 1,5 kg de Snickers et de Twix.

Les villages importants côté Manang : Chame et Manang. Vous trouverez des articles de sport, un centre de soin, une pharmacie, une connexion internet, un point d’informations mais pas d’ATM !

Les villages importants côté Jomsom : Muktinath, Jomsom et Tatopani. Là aussi toujours pas d’ATM, mais une banque à Tatopani.

L’eau : pour limiter la pollution et le recyclage des bouteilles en plastique, prenez l’eau au robinet ou aux fontaines et mettez-y une pastille de type Micropur dans votre bouteille personnelle. Il y a de l’eau dans tous les villages.

La marche : laissez le temps à votre organisme de s’adapter aux changements d’altitude. Plus vous montez haut, moins il faut faire de kilomètres dans la journée et surtout marchez (très) lentement (ne jamais courir). Le but : éviter d’être essoufflé et ne pas prendre le risque d’attraper le mal aiguë des montagnes. Une journée d’acclimatation est fortement conseillée à Brakha ou à Manang. Durant cette journée, montez le plus haut possible puis redescendez (si possible 300 mètres au minimum).

Le tracé du circuit : globalement, le circuit longe des rivières et une route (sauf autour du col) qui dessert tous les villages du circuit. Si vous êtes fatigués, marchez sur la route, la montée ou la descente est plus progressive. Par contre, comme la route est très fréquentée, vous aurez droit à beaucoup, beaucoup de poussières. Si vous êtes très fatigués, prenez une jeep ou une moto pour vous avancer.

La route côté Manang : les jeeps, les motos et des camions circulent très fréquemment sur la route caillouteuse et sableuse entre Besisahar et Manang même en basse saison. Donc beaucoup de circulation en perspective mais aussi beaucoup de poussières. Attention donc pour ceux qui sont asthmatiques. Un trajet en jeep Besisahar-Chame (56 km) pour un étranger, coûte normalement ~1300 roupies ;

La route côté Jomsom : la route est en bien meilleur état que du côté de Manang. Il y a les jeeps, les motos, les camions et en plus des bus qui font la liaison entre Jomsom et Beni. Un trajet en jeep Muktinath-Jomsom coûte ~600 roupies. Un trajet en bus Jomsom-Ghasa-Tatopani-Beni avec 2 changements de bus (donc 3 bus) coûte entre ~300 et ~600 roupies par bus !

La fiabilité des chauffeurs de jeep : une fois pour revenir sur Besisahar, le chauffeur n’a pas tenu parole et nous a laissé sur le bord de la route, alors que la jeep était réservée. La seconde fois, le chauffeur était d’accord pour nous emmener de Besisahar jusqu’à Manang pour 4000 roupies me concernant. Il nous a abandonné à Chame. Attention donc, les chauffeurs de jeeps sont des gens corrompus qui vous arnaquent au maximum, y compris les Népalais (je tiens cela des Népalais eux-mêmes). Les tarifs indiqués ci-dessus sont des tarifs corrects pour un étranger. Toujours payer à la fin du trajet. Si le contrat n’est pas rempli, ne vous laissez pas abattre : soit vous ne payez pas, soit vous révisez vous le même le tarif à la baisse. S’il vous menace, menacez-le aussi. De toute façon, le chauffeur ne peut rien prouver contre vous puisque tout est fait sur parole. Ce qui est important : ne pas laisser le chauffeur faire ce qu’il veut comme il veut et vous tromper. Je ne dis pas cela par plaisir, mais simplement pour ne pas encourager la corruption.

Le budget quotidien : comptez en moyenne 300-400 roupies par repas (les prix allant de 200 à 800 roupies), et la même chose pour le logement. Ne pas hésiter à négocier la chambre gratuite si vous prenez les repas sur place. Donc avec une moyenne de 1000 roupies par jour c’est faisable à condition de ne pas prendre les plats les plus chers, ni consommer de l’alcool.

Le téléphone portable : Népal Télécom couvre quasiment tout le circuit, Ncell seulement quelques villages. Les antennes fonctionnent au solaire. Ouvrir une ligne locale coûte seulement 200 roupies, je vous conseille fortement d’en ouvrir une, afin d’appeler les secours si nécessaire.

Retirer de l’argent : il n’y a pas de distributeurs de billets (ATM) en montagne, prenez donc tout votre argent avec vous. En dernier recours, il y a des ATM à Besisahar.

Les logements : la plupart des logements proposent des couvertures. S’il n’y en pas dans les chambre, en demander. Côté Manang : l’eau chaude est principalement produite à l’énergie solaire (pas de soleil, pas d’eau chaude), parfois au gaz. Côté Jomsom, le gaz est d’avantage utilisé pour produire l’eau chaude. Tous les logements ont un restaurant, aussi essayez de négocier la chambre gratuite en prenant les repas sur place.

Beni

A la fin du Trek

Pour quitter le circuit et aller où vous voulez au Népal (généralement Pokhara et Kathmandu), il faut attraper les bus soit à Beni, soit si vous continuez encore un peu le trek du côté de Ghorepani à Nayapul ou encore si vous êtes toujours en forme, marcher à pied jusqu’à Pokhara !

J’espère que cet article vous rendra service dans la préparation de ce trek et surtout vous donnera envie de le faire. N’hésitez pas à le faire connaitre autour de vous. 🙂

Lire les aventures de mon trek autour des Annapurna.

Voir les photos du trek autour des Annapurna.

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4 Commentaires "Conseils pour préparer un trek autour des Annapurna au Népal"

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sylvie
Invité

Merci pour vos précieux conseils ils m’ont aidée à préparer mon séjour au Népal, pour info en arrivant à l’aéroport le gouvernement népalais offre gratuitement une sim Népal télécom a tous les touristes, il y a le bureau juste après le passage de l’immigration, avant de sortir de l’aéroport, il y a un crédit de 50 roupies, sympa !

Untourailleurs
Invité

Merci beaucoup pour ces informations très utiles et claires. Nous avons nous même l’idée d’aller faire un trek les deux premières semaines d’Octobre 2015 et votre article nous a bien aidé :-)!